Le Bachibac fait sa rentrée

23/01/2011 20:34Marion PetitChalon

Le bachibac, l’union du bachillerato espagnol et du baccalauréat français favorise les échanges culturels entre les deux pays. En Bourgogne, seuls trois lycées proposent ce diplôme. Description.

Avant l’arrivée du bachibac en septembre dernier, le lycée Pontus de Tyard se distinguait par une « section européenne » proposée en espagnol. Les élèves avaient des cours d’histoire-géographie dans la langue de Cervantès, et, au bout de trois années, ils sortaient du lycée avec un baccalauréat doté d’une « mention européenne ». Aujourd’hui, grâce au bachibac, ces mêmes étudiants auront deux diplômes : le bac et le bachillerato espagnol ! C’est un pas de plus vers cet « échange » que veut promouvoir Mme Larue, professeur. Aussi, bientôt, en plus des lycéens, l’établissement mettra la main à l’ouvrage : un jumelage avec un lycée espagnol est espéré.

 

Pour accéder à ce diplôme, il faut avoir le niveau européen de langue «  B1 », niveau supérieur à « A2 » qu’un élève obtient normalement en fin de collège, ou être un élève hispanisant. Par exemple, il y a une élève cubaine.

 

En seconde, l’élève dispose de quatre heures de langue axées essentiellement sur la littérature. « Le but est de donner une certaine culture hispanique à l’élève », explique Mme Larue. Ainsi des œuvres qui ne sont pas au programme du bac sont étudiées. Quant à l’histoire - géographie, la matière se fait qu’en espagnol, ce qui fait la singularité de ce programme. L’élève a quatre heures hebdomadaires qui consistent à faire une synthèse du programme d’histoire en français en y ajoutant de la culture hispanique.

 

Les élèves de première étudieront eux la littérature du siècle d’or, le XVI siècle, comme Lope de Vega, Cervantès ou Gongorra, au XIX siècle. Pour l’histoire-géographie, les thèmes principaux sont le XIX siècle espagnol et la politique de la péninsule ibérique au cours de l’histoire.

 

En terminale, le programme de littérature se concentre sur le XX et XXI, notamment avec les oeuvres du dernier Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa. Et en histoire-géographie, tout le XX siècle français et espagnol jusqu’à nos jours est passé au crible.

 

Monsieur et Madame Larue disent que l’Amérique Latine est souvent oubliée, marginalisée et que pour beaucoup, la culture espagnole se résume à la Péninsule Ibérique. De plus, « le programme de géographie n’existe pas encore pour les bachibac », critique M. Larue. Il n’y a rien de précis dans les instructions gouvernementales mais il y aurait peut-être une épreuve au baccalauréat

Lors de l’examen final, l’élève de section européenne passe un oral d’une vingtaine de minutes. Tandis que l’élève bachibac affronte trois épreuves. Un commentaire de texte de quatre heures, et une production écrite sur les deux livres qui sont au programme en terminale. Un oral de vingt minutes et une épreuve d’Histoire/Géographie écrit d’une durée de cinq heures sont aussi programmés. A l’issue de ce cursus, les élèves auront atteint le niveau B2 ou C1 du cadre européen et le double diplôme « bachibac »  permettra de l’attester : il aura de s’inscrire dans une Université espagnole. Toutes les informations ne sont pas encore connues, car pour entrer dans une université espagnole il faut faire un test, la selectividad.

 

À noter d’autres « double-bacs » existe en France, notamment le «  Abibac » (Allemand- Français) ou le « Esabac » (Italien-Français). Une élève de première « bachibac » se dit déçue de cette section à cause de l’ « omniprésence » de la littérature. Mais elle trouve ce programme néanmoins intéressant car elle veut aller dans une université espagnole. Pauline, élève en première « bachibac », trouve, elle, que la section est « super » pour ceux qui aiment l’espagnol, et qui veulent se spécialiser dans les langues. Elle a choisi cette voie car elle veut être interprète. «Nous ne sommes pas nombreux dans la classe, ainsi, cela permet une bonne prise  de parole à l’oral», souligne-t-elle. « J’ai dû arrêter ma troisième langue», rajoute Pauline. Enfin, elle a un conseil à tous ceux qui veulent se lancer dans cette aventure : « il faut éviter de  sourire quand tu ne comprends pas car après, le professeur te pose une question et tu es encore plus perdu ». À bon entendeur !

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