Laure, 17 ans réfugiée politique

28/01/2004 15:40Leslie LhuissiezTypo Auxerre
Laure, 17 ans, native du Congo, a vécu la violence dans son pays. Arrivée seule et clandestinement en France, elle est aujourd'hui réfugiée politique.

 

« C’était une nuit vers quatre heures du matin. Quelqu’un a frappé à la porte, mon père s’est levé. Avec un regard vide et résigné, il est allé ouvrir. Aujourd’hui encore, je ne sais pas s’il avait imaginé ce qui se passerai. J’étais cachée au premier étage. Deux hommes cagoulés ont surgis, et sans un mot l’ont battu puis fouetté. Ma mère qui tentait de l’aider a connu le même sort ».  Voici les premiers mots de Laure, une zaïroise réfugiée en France depuis le 20 novembre 2001, que nous avons rencontré.

Après avoir assisté au violent enlèvement de sa mère, de son père, et de sa sœur, après avoir été violentée mais aussi violée, L, âgée alors de 16 ans se retrouve seule, perdu.

Elle ne pouvait exiger de l’aide de personne : aucun voisin de confiance, aucune police honnête : « Au Zaïre, il n’y a pas de police, c’est chacun pour soi, et si j’avais dit à un de mes voisins que j’étais seule dans ma maison, celle-ci aurai été pillé. Alors j’ai pris l’argent de papa que j’ai retrouvé dans le salon et je suis sortie de Kinshasa».

Pourquoi cette violence envers cette famille ? L nous explique clairement : « Mon père était un politicien opposé au régime de Joseph Désiré Kabila, puis de son fils Joseph Kabila . Au Zaïre, on n’a pas le droit de penser autrement que l’autorité, surtout quand on a de la notoriété.

Moi, j’ai vu une quarantaine d’hommes se faire brûler vifs quand Joseph Désiré Kabila n’était encore qu’un rebelle à qui les américains fournissaient des armes . A l’époque je devais avoir 13 ou 14 ans, alors je sais mieux que personne que le Zaïre est loin d’être une démocratie… »

Depuis la nuit où ses parents ont été enlevé le ……., L. ne les a plus revus. Cachée chez une camarade d’école à l’opposé de la ville, puis aidée par une association, inconsolable, elle reste cloîtrée de peur d’être à nouveau attaquée. Une vie dans la peur, une vie impossible. Elle se lance alors dans une nouvelle vie. 4000 dollars pour obtenir de faux papiers, pour une nouvelle vie. Seule, la peur au ventre, L. prend l’avion pour l’inconnu. Sans bagage, elle débarque en France. Vers qui maintenant se tourner ?

Un africain, jusque-là inconnu l’aperçoit et lui propose de l’aide. Il la loge deux jours puis la dirige vers une association qui va l’aider. Mais il faut encore, pour entrer dans la légalité, qu’elle prouve à l’Etat français qu’elle est bien mineur. Commence alors l’interrogatoire, le test de « l’âge osseux », les examens cliniques. Mineur au moment des faits, L vit maintenant en situation régulière en France.

Aujourd’hui logée dans un foyer d’Auxerre, elle poursuit avec envie ses études. Son espoir reste de rentrer dans son pays, de retrouver ses parents sain et sauf. Mais aujourd’hui, elle est fier de pouvoir expliquer au icaunais sa douleur et de leur faire comprendre la situation catastrophique dans lequel se trouve son pays. « L’important, c’est de le dire ».

 

 

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