Laissez-moi le choix

11/09/2006 16:41Marion Avarguès et Bharati
Reena a 30 ans. Vêtue d'un sari coloré, elle rayonne. Mais, au fond, tout au fond de ses yeux, c'est la tristesse qui se dévoile. Et, sous ses yeux, des cernes témoignent de son calvaire. Car, malgré sa joie de vivre, la belle a été brisée.

indienne priant face à la mer d'oman Petite, Reena vivait à la campagne, au milieu d'une grande famille. Bien au milieu, c'est le cas de le dire, puisque qu'elle avait deux sœurs aînées et deux frères cadets. « Il n'y avait aucune tension, se rappelle-t-elle. Nos parents, contrairement à la coutume, ne faisaient pas de différence entre les filles et les garçons. Nous avions la même éducation, la même nourriture aussi. » Car souvent, en Inde, les filles vont dans une école où l'on n'apprend que l'hindi tandis que les garçons ont accès aux écoles beaucoup plus chères. Là-bas, on leur enseigne l'anglais. « J'ai eu beaucoup de chance, admet la jeune femme, car, comme ma naissance a précédé celle de mes frères, c'était comme si j'avais apporté le bonheur. » À cette époque, Reena débordait de rêves et d'envies. « Je voulais devenir architecte, mais avant tout, je tenais à mon indépendance. » Et puis, elle est tombée amoureuse d'un médecin. À ses yeux, c'était la perfection, il incarnait tout ce qu'elle avait toujours désiré. Hélas, la famille du prince charmant a refusé leur union, alors, pour elle, tout s'est écroulé. « Ma vie était brisée », raconte-t-elle gravement. » Depuis cela, plus jamais elle n'a aimé. Ainsi, une vie mourait, une autre naissait. Après l'effervescence et la lumière, ce furent les ténèbres. Quand ses parents l'ont obligée à accepter le mariage arrangé, elle s'est d'abord révoltée : « Je criais, je pleurais... et cela jusqu'au jour du mariage. » Jusqu'à la date fatidique, la belle ne vit jamais son futur mari. Elle du se contenter d'une simple photo. Et, depuis ce mariage, son mode de vie a changé radicalement : « J'ai beaucoup plus de responsabilités. Auparavant, j'étais indépendante mais aujourd'hui, je dois demander de l'argent à mon mari. Et malgré tout, je dois rester digne pour l'honneur de ma famille. »
Reena ne risque pas de leur pardonner. Alors, où trouver de l'espoir dans ce tableau noir ? La jeune femme glisse un regard sur son enfant : Aaradhya. L'amour submerge ses traits. Oui, on sait à quel espoir elle se raccroche.

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