La vie comme une acrobatie

13/07/2006 08:56Paula MarghilomanTypo Roumanie Moroges
Sur les vastes collines de Moroges, un village près de Chalon, on aperçoit, cachée par les arbres, une grande maison entourée de roulottes et près d'elle un... chapiteau. Oui, il s'agit d'un cirque, le cirque Rasposo, qui appartient à une famille entière d'artistes de cirque – la famille Molliens.

C'est un cirque de famille mais ce n'est pas un cirque traditionnel, car en France il y a deux façons de faire du cirque : le cirque traditionnel avec les clowns et des animaux et puis il y a la nouvelle façon, avec des gens qui sortent des écoles de cirque. Là, les spectacles ressemblent à du théâtre, de la danse, il y a peu d'animaux, mais beaucoup plus d'acrobaties.

Les Molliens participent souvent aux festivals nationaux : à Aurillac, Avignon, Paris, Chalon, mais aussi internationaux : en Espagne, Italie, Australie, Belgique, Angleterre. « On joue environ 70 – 80 fois par an. Donc, une dizaine de fois par mois. On va toujours jouer chez des gens qui nous demandent, pour une mairie ou un festival », affirme Madame Fanny Molliens.

Dans la famille, chacun a son rôle : le fils fait le clown, mais un clown moderne, l'une des filles danse sur le fil tendu, elle fait des acrobaties ; le père, Joseph, et la mère sont les personnages qui font la liaison entre les différentes scènes ; la mère fait aussi la mise en scène et l'autre fille s'occupe de la technique.

« On est bien accueilli, on est bien reconnu par tout le monde. On a plusieurs numéros qui sont bien appréciés : le rouleau et le clown. Ce n'est pas le clown qu'on voit d'habitude, c'est plutôt un personnage de cinéma muet », ajoute madame Fanny enthousiasmée.

Leur prochain grand spectacle « Parfums d'est » a une certaine relation avec la Roumanie, car c'est de la musique tzigane et roumaine qui accompagnera le spectacle. « On a rencontré des gens passionnés par cette musique et on a fait tout un spectacle sur ce thème ! ».


Comment ont-ils commencé ? « On a fait du théâtre dans la rue pendant les festivals, c'est ainsi que nous avons rencontré des artistes de cirque. Nos enfants ont grandi dans cette atmosphère, ils ont appris les trucs, les métiers. Pour devenir un artiste de cirque on n'a pas besoin d'un diplôme, c'est l'expérience qui compte et surtout le professeur. »


Est-elle difficile la vie d'un artiste de cirque ? C'est toujours madame Molliens qui conclut : « C'est épuisant du point de vue physique. Il faut jouer, parfois jusqu'à l'exténuation, on doit participer au montage, désinstaller le chapiteau, les agrès, il faut de la patience. »

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