La politique ouverte aux femmes
13/07/2006 10:49MihaïTypo Roumanie Chalon sur Saône
Madame Cordier est élue au Conseil Régional pour le parti des Verts. Elle connaît bien les difficultés d'être femme, mère de famille et élue.
Typo :
Est-ce compliqué pour une femme d'être élue Conseiller Régional ?
Mme Cordier :
Il s'agit de deux choses : avoir le travail de l'élu et se faire élire en tant que femme. Pour se faire élire Conseiller Régional il suffit se faire désigner par son parti. Comme il y a la loi sur la parité, il y a de toute façon un nombre obligatoire de femmes. C'est plus simple que pour les élections législatives où la loi existe mais où on n'est pas obligé de l'appliquer. Si les partis ne l'appliquent pas, ils payent une amende. Parfois, les partis préfèrent payer les pénalités plutôt que laisser des places aux femmes. La société française politique est bloquée pour deux raisons principales : la première c'est le cumul de mandats et la deuxième c'est l'absence d'élections à la proportionnelle. Celles-ci utilisent en effet des listes où il est facile de respecter la parité.
Typo :
Quelle est l'attitude de vos collègues hommes vis-à-vis de votre responsabilité ?
Mme Cordier :
Je n'ai pas de problèmes. Je fais de la politique depuis longtemps et il y a des choses qu'on ne peut pas me dire. Je sais que des collègues plus jeunes peuvent subir des remarques sexistes.
Typo :
Le fait que vous êtes une femme facilite votre activité ?
Mme Cordier :
Cela n'a pas toujours été facile de se faire entendre ! Vous voyez, dans une société relativement évoluée, la femme est encore considérée souvent comme une mineure.
Typo :
Comment s'harmonise votre activité civique avec votre vie de famille ?
Mme Cordier :
C'est très difficile de diviser le temps et de faire accepter qu'une femme ne soit pas toujours disponible pour son mari ou ses enfants.
Typo :
Vous appartenez au parti des Verts : pourquoi avez-vous choisi ce parti ?
Mme Cordier :
J'ai choisi le parti des Verts en 89. Ce parti est issu de la vie associative et, en particulier, en France, de la lutte antinucléaire. C'est là que j'ai fait « mes premières armes ». J'ai aussi travaillé dans des groupes de femmes. En ce moment je travaille aussi sur la laïcité.
Typo :
Dans quel sens se déroule ce travail sur la laïcité ?
Mme Cordier :
Vous savez, on a en France deux types d'écoles : l'école publique et l'école privée, qui est, en Bourgogne, à 80 % confessionnelle. Il y a des lois qui permettent aux lycées confessionnels de recevoir de l'argent public, l'argent du contribuable. Quand nous sommes arrivés à la région, nous avons constaté qu'il y avait des irrégularités et des dysfonctionnements graves dans ce domaine. Vous avez peut-être entendu parler des problèmes du foulard qu'on ne met plus, mais dans certaines régions de France, par exemple en Lorraine, ou met la croix à l'école.
Je trouve que le poids de la religion a plus d'importance sur la société et pèse énormément sur les femmes qui sont les premières victimes.
Typo :
Quelles sont les satisfactions de votre vie politique ?
Mme Cordier :
C'est difficile à dire, ce n'est pas moi peut-être qui verrai les fruits de ce travail. Mais je trouve que la conscience écologique, aidée par la crise du pétrole, s'éveille.
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