« La palette colorée »

01/09/2009 15:17Alexandre MathisLa Réunion
Du 9 juillet au 1er août, le temps de la mission à la Réunion, le typoïste Alexandre Mathis a consigné, jour après jour, ses découvertes et étonnements. Carnet de bord.

9 juillet - Embarqué

Il y a toujours de drôles de sentiments avant un départ : un mélange d’excitation et d’anxiété. Et avec Typo, on n’est jamais déçu. Il y a d’abord eu l’enregistrement pendant lequel deux de nos jeunes « typoïstes » ont failli ne pas décoller avec nous. Raison invoquée, il faut un passeport ou une autorisation de sortie de territoire pour pouvoir se rendre… en France. Oui, mais on sait bien que si tous les départements sont français, les DOM le sont un peu moins que les autres.

Il y a eu aussi cet humour très particulier de notre compagnie aérienne. Diffuser « Rio ne répond plus » en plein vol, quelques semaines après la tragédie de l’A330 – un airbus en provenance de Rio qui s’était écrasé en mer – il fallait oser.

Il y a surtout ces premiers instants sur le sol réunionnais, tôt le matin, à profiter des montagnes embuées par notre regard hagard. Pas de doute, ce Typo-Extramuros va nous secouer.

 

10 juillet - Déboussolé

En métropole, il fait (logiquement) chaud et le soleil se couche tard ; normal c’est l’été. Une chose marque dès le début à la Réunion : nous sommes dans l’hémisphère sud ! Un détail ? Non, une réalité qui déboussole.

Avec deux heures d’avance sur l’hexagone, la Réunion voit son soleil se cacher derrière l’horizon à 17 h 30. Phénomène accentué, car l’île se trouve plus proche de l’équateur que la métropole. Ajoutez à cela le décalage horaire et le badaud sent l’obscurité poindre à 15 h 30 à son horloge biologique.

Les soirées hexagonales s’allongent avec la petite pétanque du camping. Ici, les magasins ronflent très tôt. D’où cette première sensation, étrange, que nos journées ne seront pas très longues. Il fait tout noir ici et je n’ai pas encore envie de dormir.

 

11 juillet - Colorée

Dans l’arène des violences, la Réunion s’est fait une spécialité créole du rond de coqs. Le principe est simple : un duel entre deux volatiles coachés par l’éleveur. Au-delà de la tradition toujours scandaleuse de voir des bestioles se « prendre le bec » pour le plaisir testostéroné des hommes, une jolie vision adoucie le climat.

Voilà un rendez-vous de passionnés. Si les Créoles sont majoritaires, on y trouve des visages « pâles », des « blacks », des Chinois. Les petits vieux jouent énergiquement aux dominos, ça sent bon la fin de semaine. On y crie, blague, fume son pète en cachette et boit sa Dodo. La palette colorée nous rappelle que le métissage fait partie de l’essence même de cette île.

La volaille reste sur le champ de bataille, mais sort de mon champ de vision. Seul demeure cette idée que c’est peut-être cela qui s’appelle la Réunion.

 

12 juillet - Légèreté

Un dimanche pas comme les autres. Pour sortir du béton dionysien (de St-Denis, ndlr), rien de tel qu’un rendez-vous à l’extérieur. Le chemin n’est pas long, à peine 30 minutes en voiture. Juste assez pour déguster du regard les paysages. Les champs de canne à sucre s’étendent à perte de vue, à peine stoppés au loin par les montagnes. Une ravine exhibe des galets en contrebas d’un pont. Des rivières, un peu de verdure, voilà tout ce qu’il faut pour se rendre compte que la métropole est à 10 000 km. L’exotisme provoque une légèreté naïve au visiteur.

 

13 juillet – Stores baissés

On imagine souvent la Réunion festive, vivante et touristique. Un mois de juillet devrait confirmer cette attente. Or, si l’on regarde les rues de St-Denis le samedi ou dimanche soir, on s’imagine plutôt dans une ville fantôme. Stores baissés, restaurants clos, peu de badauds, l’ambiance n’est pas au beau fixe.

En attendant, c’est à St-Denis que l’équipe erre pour trouver désespérément à manger. Nous finirons dans une médiocre enseigne chinoise. Nous aurions mieux fait de jeûner…

 

 

14 juillet – Défilé

Journée plate pour le travail. Normal, c’est la fête nationale, les bureaux sont fermés. Alors quitte à s’immerger, autant aller voir ce qui se passe au défilé. Rien de particulier au premier abord : des militaires, des drapeaux, de la musique. Sauf que les gens agglutinés sont créoles, chinois, zarabes. Une magnifique illustration de ce que l’on appelait à outrance en 1998 la France « Black, Blanc, Beur ».

Deux images particulièrement marquantes : tout d’abord, ce bambin d’un an dans les bras de son père. Il est noir comme l’ébène et secoue naïvement son drapeau tricolore. Il y a surtout cet adolescent d’une quinzaine d’années, casquette contrefaite Louis Vuitton sur la tête, à s’émerveiller devant la parade militaire. Une belle image de l’intégration, de l’amour du pays. Tout se trouve dans les yeux. Ne tombons pas dans une caricature nationaliste. Un 14 juillet à St-Denis, c’est comme en métropole, avec de la musique locale.

 

15 juillet - Acné

Au cours d’une discussion avec Idriss Issop Banian (voir article sur le Melting-pot), nous voilà à parler du peuplement de l’île. Il rappelle à juste titre qu’avant la colonisation française, ce bout de terre perdue dans l’océan Indien était désert. À quoi pouvait bien ressembler la Réunion quand personne n’y habitait ? De vastes forêts remplies de moustiques peut-être. Avant que l’acné humaine ne vienne envahir l’épiderme rocheux, les arbres devaient exprimer leur floraison librement, sans pollution visuelle. Avant que l’Homme n’arrive pour déséquilibrer la faune et la flore par sa hache, l’ancienne île Bourbon devait sûrement être la réunion parfaite de la richesse naturelle.

Gardons le sourire, grâce à notre présence ; le volcan se sent moins seul. Ça n’est déjà pas si mal…

 

16 juillet - Installés

Reportage à la maison Martin-Valliamé. Là-bas, je croise un couple avec trois enfants qui vient de s’installer au Tampon. L’accent trahit leurs origines : ils sont du Sud-Ouest. Nathalie et Olivier ressemblent à ces familles typiques de profiteurs de la vie, au bon sens du terme. « On va vivre ici trois ou quatre ans, et puis on partira ailleurs, au Québec sûrement », explique Olivier. L’acclimatation est rapide, les petits profitent déjà de l’espace offert. Ce sont surtout des ex-métros détendus, ouverts aux autres cultures. L’avantage pour cette troupe est aussi de se sentir vite chez soi. « Les Réunionnais sont très accueillants », apprécie Nathalie. Terre d’accueil, Murat nous aurait rappelé que la Réunion est aussi Terre de France.

 

17 juillet – Collé-serré

Placardé sur tous les murs de St-Denis, Franckie Vincent, grimé en bodybuilder, annonce son concert. Il joint un slogan abyssal digne de Kant : « Tu veux mon zizi… » Loin de tomber dans une pseudo-psychanalyse freudienne, attardons-nous plutôt sur ce message. Le chanteur caricature la culture des DOM. L’équation est simple : sang chaud + exotisme = référence salace. L’insulte (j’ose le terme) est de taille : faire passer la culture des îles françaises pour grotesque et obscène. Loin du charme du maloya, le « va-y Frankie, c’est bon » amène à croire que le collé-serré se conclut systématiquement par une coucherie. C’est peut-être puritain, mais il y a des claques qui se perdent. Eh non Frankie, je n’en veux pas de ton zizi.

 

18 juillet - Ciné

En discutant avec le réalisateur Fabrice Bourriquen, il m’explique que la première fois qu’il est venu à la Réunion, les décors lui ont fait penser au Seigneur des Anneaux de Tolkien. Nous étions alors avant la sortie de la trilogie au cinéma, ce n’est donc pas le simple fruit de son imaginaire et non pas l’influence hollywoodienne. On imagine comme lui aisément le volcan en Montagne du Destin (où l’anneau doit être détruit), les elfes se réfugiant à Salazie et les canons du Barachois en arme naine contre les gobelins. Mais où trouverait-on Frodon et ses sympathiques hobbits de la Comté ?

Aussi aimables soient-ils, les petits êtres de Tolkien aux pieds poilus sont réputés égoïstes et bougons. Les Créoles sont-ils comme ça ? Pas franchement. Néanmoins, cette comparaison, aussi amusante soit-elle, signifie l’existence d’une potentielle structure naturelle pour développer le cinéma sur l’île. Les producteurs feraient bien de jeter un coup d’œil dans l’océan Indien ? Pour Bilbo le Hobbit par exemple…

 

19 juillet : Paumé

Le crachin se fait de plus en plus pénétrant. Avec cette température de 10 °C à 17 heures, le pull protège le corps. Perdus derrière le va-et-vient des essuie-glaces, nos regards cherchent une auberge censée être douillette. Elle l’est de 17 h 30 à 22 heures, quand le chauffage s’allume. Le petit-déj arrive vers 18 heures en prévision du lendemain matin, quand tout est fermé. Pour le dîner, rendez-vous dans un bon petit restaurant convivial… où la moindre toux vous fait sentir le jugement culpabilisateur de vos voisins. Une carotte coûte environ 2 €. Finalement, c’est encore dans la petite chambre de l’auberge que l’on se sent le mieux, à regarder Intervilles à la télévision.

Le Jura en novembre ? Non, nous sommes à Bourg-Murat, dans les montagnes réunionnaises, pour rendre visite à l’ami piton de la Fournaise. C’est l’hiver sous les tropiques. Et dire que nos collègues errent quelque part dans les cirques. Vive Intervilles.

 

20 juillet : Démontré

Grâce à une visite guidée de Patrice Huet à la maison du volcan, nous avons discuté de l’impact des volcans sur le réchauffement climatique. Selon lui, l’activité actuelle de ces montagnes de feu n’a rien à voir avec le dérèglement actuel. En 1709, de multiples éruptions volcaniques créèrent apparemment le fameux « Grand Hiver ». La température moyenne refroidit alors de 0,3 °C.

Aucun phénomène similaire aujourd’hui. La planète n’a pas l’air de vouloir changer de climat. Toujours en discutant, on relève que l’activité solaire faiblit, et qu’elle n’est pas la cause d’une quelconque perturbation.

Pas de volcan en cause, pas de soleil, mais qui peut bien être responsable ? L’Homme ? Non, vous croyez ?

 

21 juillet - Cétacés

De sympathiques touristes se baladent dans l’Enclos du volcan. Ils nous apprennent qu’un club de plongée leur a permis de nager près des baleines. La Réunion accueille ces cétacés à bosses le long de ses côtes pour que les mères apprennent à leurs petits à respirer à la surface. À l’origine d’une ferveur dans l’île. Touristes et locaux deviennent curieux. L’occasion est belle d’observer ces mastodontes de près. Leur venue signifie sûrement qu’elles se sentent en sécurité. Un nid douillet dans les eaux tièdes de l’hiver créole.

 

22 juillet : Volée

Petite leçon de sans gène. La voiture de l’équipe garée en face d’un petit snack-bar refroidit le moteur très sollicité par nos déplacements. Nos yeux scrutent alors une bande de gosses. D’environ 10-15 ans, ce petit groupe essaie discrètement d’ouvrir la caisse qui leur semble sans surveillance.

Le plus terrible, c’est qu’il est 13 heures, que des passants regardent et que personne ne réagit. Afin de lever tout soupçon, je vais les questionner sur leurs intentions. Le tout très poliment et finement. Ni une, ni deux, les plus « adolescents » prennent la mouche et ricanent nerveusement. Une fois retourné à table, je constate qu’une minute suffit pour que trois d’entre eux partent d’un côté. Le reste de la troupe prend la poudre d’escampette dans la foulée. Je vous laisse la délicatesse d’en tirer les conclusions que vous voudrez.

 

23 juillet : Tremblet

Au plus profond du village du Tremblet, un étrange brouhaha perturbe le silence espéré. Ça ressemble à un bruit de tracteur ronflant. Pierre Dalleau, habitant qui nous accueille, explique alors qu’il s’agit de crapauds qui hibernent. Ils doivent être très nombreux, car ils provoquent le vacarme d’un jeune fan de tuning faisant vrombir sa 306 à deux pots.

Qui dit hibernation dit continuité. Toute la nuit, le boucan agite le sommeil. Il s’estompe au fur et à mesure du retour du soleil. La lumière révèle quelques omelettes de crapauds sur la route. Bien fait !

 

24 juillet - Fluidité

Le programme le permet enfin. Nous prenons la route des Tamarins. Au-delà de l’ouvrage perçu ici comme incroyable (le métropolitain blasé se dira que ça reste une simple quatre voies avec de beaux ponts et une vue sympa), on constate surtout une fluidité de circulation réelle. Tout à coup, les kilomètres défilent beaucoup plus vite que dans les chemins montagneux. L’île se réduit, on pense pouvoir la traverser en quelques minutes. Cela contraste avec le sentiment de voie piégée de la route du Littoral (entre St-Paul et St-Denis).

Le pari, ambitieux, a beau faire débat sur son utilité pour l’avenir, ce simple passage illustre ce que l’on peut percevoir comme un service rendu à tous les Réunionnais dans leurs déplacements.

 

25 juillet : Perturbés

Le regroupement des troupes permet un état comparatif des expériences. Le plus marquant vient de Mayotte. Le futur département français est perçu par nos typoïstes comme une « honte pour la France ».

Les clandestins, au-delà du débat sur l’immigration, y sont traités comme du bétail, les problèmes de prostitution gangrènent les lieux. C’est aussi une toute petite île, où le moindre Zoreille se fait repérer. Les deux journalistes en reviennent en tout cas très marqués.

Tout n’est pas négatif là-bas : tortues, bivouacs, voiliers, rencontres riches, Mayotte dévoile sans complexe ses richesses. Richesses ne devant pas être l’arbre qui cache la forêt de la misère. Un sacré chantier (coûteux) pour la République française.

 

26 juillet : Pieds

Des touristes, du sable, des glaces, vive la plage !

On saute moins de joie quand on se trompe de rivage. Après deux ou trois vagues qui vous portent sur des barrières de rochers sous-marins, vos pieds vous maudissent. Les oursins se font un plaisir de se planter sous votre peton. Les quelques surfeurs au loin sont trop occupés à leur session de « je me la pète avec cette vague » pour vous avertir.

Pis, les touristes prudemment restés sur la plage ne bronchent pas. Nous apprendrons pourtant peu après que ce coin de St-Gilles est réputé dangereux, que les noyades sont fréquentes.

La vraie plage se trouve de l’autre côté du port. Tout de suite, il y a plus de monde. Étrange, ils vont même se baigner…

 

27 juillet - Cultivé

Georges est gentil, Georges parle bien, mais Georges n’est vraiment pas très discret. Il parle fort, connaît tout le monde à St-Leu. Les pompiers s’arrêtent lui dire bonjour, lui regarde discrètement les filles qui passent.

Georges est très cultivé. Il se souvient du démantèlement des usines de canne à sucre en 1974. Les grèves, le désastre social n’ont aucun secret pour lui, il en faisait partie. Mais sa revanche, il la tient en s’instruisant.

Il cultive aussi son « jardin des cinq sens » comme il se plaît à le définir. Il explique avoir recréé une Réunion en microcosme. Ajoutez à cela 11 chiens et des poules, et vous obtenez l’univers visible de Georges. Son monde intérieur paraît plus complexe, plus long à explorer. Quelques heures n’y suffiront pas. Pas sûr qu’une vie suffirait, on abandonne ; il en fait ce Georges.

 

28 juillet - Bloqué

Il existe des jours où peu de choses se passent comme en ce 28 juillet. Des contacts muets, des reportages qui ne vous sont pas dévolus. Que faire quand on se trouve bloqué dans un bureau parisien. On prépare les jours suivants. Mais ici, on contemple la vue sur la mer, entre deux coups de fil. On cogite sur tout ce qui a été raconté, confié, avoué par nos interlocuteurs. On cherche un margouillat ou un paille-en-queue afin de les suivre à la recherche de nourriture. On déguste un ananas fraîchement coupé pour se délecter de ses saveurs sucrées. Mais juré, après je me remets au travail.

 

29 juillet - Aidés

Un discours revient souvent. Le RMI est vu comme vecteur de chômage. Pour pas mal de monde, les immigrés mahorais et comoriens et les jeunes préfèrent toucher cette aide plutôt que de suer dans les champs de canne à sucre. Un choix à la fois réaliste, tant bosser à la coupe de la canne est mal payé, et un peu hypocrite. Ces mêmes personnes avouent avoir profité du Revenu minimum d’insertion. Alors que faire ? Ils refusent de l’enlever, c’est une aide précieuse. Mais ils ne veulent pas que les gens le touchent. « Les Comoriens ont oublié de « I » d’Insertion », balance une dame dont nous tairons le nom.

C’est toujours le même refrain, égoïste au possible, des fainéants – ils l’avouent eux-mêmes – qui ont fait l’effort de se bouger, mais qui critiquent d’autres fainéants, un peu moins courageux. En tout cas, moi, j’ai la flemme de débattre de ça avec eux, ça va me fatiguer…

 

30 juillet - Transformé

De gros container, des machines proches des Transformers… bienvenu à la ville du Port.

 

31 juillet : Médiatisés

Jamais Typo n’aura autant suscité d’intérêt : à Mayotte comme à la Réunion, les médias se sont penchés sur notre travail. Si le buzz reste relatif, profitons de la petite reconnaissance qui va avec. Le projet, ambitieux, mérite au moins une curiosité. Nous nous sommes impliqués corps et âme dans cette aventure. Tant pis pour les douches, la barbe, les repas frugaux et les heures à espérer un rendez-vous. Nous avons voulu rendre à la Réunion ce qu’elle nous a offert. Armé de notre regard critique et de nos stylos, l’île n’a plus beaucoup de secrets pour nous. Dommage que la frilosité des politiques nous ait empêchés de plonger dans leur travail. Tant pis pour eux.

 

1er août - Résumer

Dernier jour, dernières impressions. On demande à Patrick Arnould comment résumer la Réunion en une image. On pense à la canne à sucre, industrie traditionnelle, en difficultés financière et aidée par l’Europe. Elle est un symbole de l’implication métropolitaine pour les problèmes économiques de l’île. La réponse, sans équivoque, retentit de réalisme : « Vous seriez venus au mois de janvier, vous n’auriez pas vu ça. Vous auriez plutôt eu l’image des cultures de letchis ou ce genre de choses ». Quelle meilleure conclusion que de se dire qu’il n’y a pas de conclusion possible devant tant de diversité.

 

Alexandre Mathis

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