« La musique, mon combat »

28/07/2009 13:44Esteban LopezLa Réunion
Percussionniste incontournable de la Réunion depuis 15 ans, Jean-Yves Padeau s’occupe d’un groupe de musique de malades musiciens ex-alcooliques. Un engagement qui résonne avec son passé familial.

Jean-Yves Padeau, une des références musicales de l’île...aide les alcooliques par la musique...
Jean-Yves Padeau, une des références musicales de l’île...aide les alcooliques par la musique...

À 46 ans, malgré son emploi du temps surchargé, Jean-Yves Padeau en paraît dix de moins. Instituteur à Ste-Marie et percussionniste dans près de dix groupes de musique dont quelques-uns qu’il a co-fondés. Et il se produit plusieurs fois par semaine. En une dizaine d’années, Jean-Yves s’est imposé comme l’une des références musicales de l’île. Il y a quinze ans, il goûte à la musique grâce à des amis d’enfance devenus entre-temps les percussionnistes les plus réputés de l’île, Nicolas Mocasambo, François Baptisto et Gilbert Nicolas. « C’est eux qui m’ont immergé dans le monde de la musique typiquement réunionnaise », continue-t-il. Pour lui maintenant, la discipline, et il le dit clairement « c’est [sa] passion, ça fait partie de [lui] et elle reste [son] envie d’exister, elle est devenue [son] combat ». Un des objectifs de Jean-Yves est de faire perdurer cette musique traditionnelle : « Il ne faut pas qu’elle tombe aux oubliettes ! » lâche-t-il avec entrain.

La musique pour revivre

Une nouvelle vie par la musique... nos musiciens en plein concert
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Enfant, il n’était pas vraiment question de musique pour Jean-Yves. « Je voyais trop souvent mon grand-père saoul dans la rue et ma mère essayer de le faire rentrer chez lui pour éviter un drame ». Des images marquantes, surtout quand on n’a pas encore 12 ans. Les difficultés le suivent au collège et au lycée : « J’étais bègue jusqu’à mon adolescence », confie-t-il tristement. Il enchaîne les séances d’orthophoniste, encaisse les moqueries de ses camarades sans broncher.

Il y a trois ans, Christian Dafreville, lui aussi un ami d’enfance, médecin et musicien, lui parle d’une association de malades alcooliques, les Maillons de l’Espoir. Jean-Yves s’engage. Il monte avec une dizaine d’adhérents un groupe traditionnel créole, sa marotte. Pour lui, la musique est un traitement. Comme il le dit, « leurs travaux les aident à oublier leur passé difficile et à se relancer dans une nouvelle vie ». Des problèmes d’alcool que Jean-Yves a connus dans les moments difficiles. Il conclut : « Aider ces personnes me donne aussi le sentiment, quelque part, d’aider mon grand-père ».

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