La jeunesse roumaine vu par... la jeunesse roumaine !

28/12/2002 02:27Arianda, Roxana et Ioana
Etre un jeune roumain ? Qu’est-ce que cela implique ? Réponse d'Arianda, Roxana et Ioana...

Etre jeune en Roumanie... ou ailleurs?

Etre un jeune roumain ? Qu’est-ce que cela implique ? En quoi consiste la différence par raport aux autres ? Au premier instant, on dirait que tous les jeunes sont pareils, quelles que soient leurs nationalités, ils ont les mêmes goûts et préférences et ainsi de suite. Mais est-ce que le statut de jeune est perçu de la même manière partout dans le monde ? Sûrement pas !

Prenons tout d’abord l’école. Elle représente une partie importante de la vie d’un jeune. En Roumanie, les écoles ne disposent pas de tous les moyens dont les élèves ont besoin. Cela les habitue à apprendre dans des conditions plus rudes. Mais les jeunes ont toujours dépassé cet obstacle et ont réussi dans la vie… Mais au Canada, aux Etats-Unis ou en France… Pourquoi  dans ces pays ? Parce que les jeunes roumains, très doués qui ont gagné des concours internationaux et qui sont de possibles génies, n’ont pas la possibilité de s’affirmer dans leur pays. C’est ici qu’ils se sont formés, mais c’est ailleurs qu’ils peuvent faire leur preuve de leur intelligence.

Il y a quelques aspects négatifs de la condition de jeune. Il n’y a pas de centres pour conseiller les jeunes, ni à l’école, ni ailleurs. Alors, quel exemple prennent-ils ? Celui des parents ? Certainement. Mais cela suffit-il ? Il faudrait s’en occuper plus.

En Roumanie, on parle souvent de la corruption dans l’enseignement. De quoi s’agit-il ? Tout simplement, le problème de la « magouille » n’a pas encore été résolu. Beaucoup d’élèves font appel à la magouille pour passer le bac ou pour accéder à la fac. Toutefois, si l’on apprend, on a des chances sans compter sur l’argent de “maman et papa”.

Comment aider les jeunes ? Pourquoi les politiciens ne pensent-ils pas à l’avenir de ceux-ci et pourquoi une attitude ignorante envers eux ? C’est la question qu’on se pose toujours et on ne trouve pas la réponse !

Micodin Ioana

Portrait de la vie des jeunes Roumains

Les jeunes, nous les rencontrons presque partout. Ils remplissent les rues, ils font résonner les cafés de leurs discussions plus ou moins sérieuses, ils sont sur les lèvres de tout le monde, ils sont gais ou tristes, mais qu’est-ce qui se passe vraiment dans leur vie de tous les jours ?

Je réponds en généralisant : nous avons une vie très, je dirais même trop mouvementée. Chaque jour, il y a la pression que nous fait l’école et les études ; c’est essentiel dans la vie, je comprends, mais parfois c’est trop… Ensuite, à la maison, les parents, ne voulant pas que leurs progénitures fassent les mêmes erreurs qu’eux, font sans cesse des remarques, des observations, ils ont toujours des conseils à donner, c’est bien, mais nous voulons avoir notre mot dans tout cela…On nous demande de ne pas nous comporter en enfants, mais on ne nous laisse pas être adultes…

En plus, quoi dire de l’amour...il apparaît là ou nous ne nous attendons pas même en Roumanie, il ronge nos jours et nos nuits, nous rend à la fois heureux et misérables, rêveurs et réalistes…

Il faut préciser que cet âge est un des plus vulnérables. Les jeunes sont ceux qui risquent de prendre de mauvais chemins. Ils sont tentés d’expérimenter tout, afin de savoir leur place dans la vie, des choses les plus inoffensives jusqu’aux drogues, à l’alcool, à la violence. Oui, tout cela existe chez nous aussi. Tout dépend de la mode, ce courant essentiel qui fait des victimes parmi les jeunes dans tout le monde. Les exceptions existent, bien sûr, mais elles sont risquées : l’exclusion du groupe, la moquerie, l’indifférence… L’explication : les jeunes se veulent à la fois uniques et semblables aux autres ; il y a plus de sûreté dans un groupe qu’en solitaire. C’est ce qui explique l’existence de ces groupes bagarreurs dans les quartiers de Bucarest ou de Timisoara.

La jeunesse c’est aussi la période du vrai départ dans la vie ; c’est maintenant que les décisions qui seront cruciales plus tard sont prises. Gâcher tout ou accomplir ses rêves ! Tant de responsabilités…

En bref, nous sommes pressés, poussés, sommés, tentés, grondés … Comme tous les jeunes du monde !

Cristea Roxana

Cosmopolitisme Made in Calderon, Roumanie

Qu’est-ce qu’on pourrait dire de nouveau sur la vie des jeunes roumains ? Ils adorent bavarder, écouter de la musique, aller en boîte ou au ciné, certains aiment aussi aller à l’école... En bref, ils mènent une vie assez normale, qui ressemble beaucoup à celle de leurs homologues français.

Je connais quand même un groupe qui sort un peu de ces canons. Et je le connais assez bien, puisque j’en fais partie depuis bientôt douze ans. Ils se disent “les Calderonistes’, s’entendent en général très bien entre eux et se réunissent chaque jour pour suivre les cours de leur lycée : le lycée bilingue Jean Louis Calderon de Timisoara, Roumanie. Très doués, bavards, souvent avec le sens de l’humour, ils s’infiltrent avec aisance dans n’importe quelle “bande” de copains. Ils se camouflent si bien qu’on ne peut les reconnaître que d’après leur passion commune pour le français. Ils ne trahissent leurs “origines” qu’au moment où ils sursautent en entendant quelqu’un parler français ou en apercevant une annonce, une pub, un titre de film en français.

Ce sont des jeunes qui méritent des félicitations pour la manière dont ils concentrent leurs efforts afin de maintenir la tradition francophone en Roumanie. Ils apprennent le français dès l’âge de sept ans, pourtant ils n’ignorent pas les autres langues étrangères : l’anglais, l’espagnol, l’allemand, l’italien. Cette démarche demande une volonté bien forte et beaucoup, beaucoup de travail, je vous assure ! Et cela a des conséquences surtout sur leur mode de vie. D’un côté, il y a tout ce temps dédié à apprendre des listes et des listes de nouveaux mots, à conjuguer des dizaines de verbes irréguliers, à traduire des textes qui semblent ne plus finir (quand on pense qu’au lieu de s’obstiner à faire tout ceci on pourrait aller en boîte!). Mais, de l’autre côté, il y a les récompenses. Récompenses qui consistent surtout en ces célèbres “échanges scolaires” qui permettent au jeune francophone de visiter un pays dont il connaît déjà la culture et les traditions. C’est d’autant plus intéressant qu’on sait que peu de lycéens roumains ont une telle chance. Certains Calderonistes sont déjà allés 6-7 fois en France de cette manière et, après être admis à la fac, avouent que les dix jours de séjour en France au mois d’octobre leur manquent...

Il n’y a pas un semestre dans ce lycée sans qu’un groupe de Français ne vienne le visiter ou qu’on n’entende des nouvelles d’un groupe de Roumains partis à la rencontre de leurs amis étrangers. Parfois on n’arrive même pas à se rendre compte que les correspondants sont partis et on doit déjà préparer l’accueil d’un nouveau groupe. Les Calderonistes en ont tellement l’habitude qu’on peut même affirmer que c’est pratiquement leur mode de vie. Ils vivent en songeant à l’Occident, à la France qui leur devient chaque jour un peu plus chère !

Arianda Vuc


 

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