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Là-haut sur la montagne !
28/12/2002 02:27Eddy Petit et Aurélie Juillard
Pas besoin d’être né les pieds dans la neige pour aimer la montagne et aller gravir de hauts sommets un peu partout dans le monde. C’est ainsi que Thierry Harzallah, un dijonnais de 33 ans, fonctionnaire hospitalier à ses heures et membre du Club Alpin Français a déjà laissé ses traces sur le Tungurahua (5016 m) en Equateur, l’Ancohuma (6400 m) et le Lincancabur (5900 m) en Bolivie...
D’où vient cette passion pour la montagne ? Qu’est-ce qui vous attire, v
ous motive ?
J’aime le voyage, le dépaysement et j’ai déjà pas mal voyagé : Australie, Etats-Unis, Canada, Brésil… La première fois, c’est un ami qui habite Annecy qui m’a emmené faire quelques randonnées faciles. Ensuite, j’ai fait quelques sommets comme le Mont Blanc, les Ecrins. J’ai eu le coup de foudre, j’ai une fascination pour l’altitude. On découvre des paysages magnifiques. En plus de cela, monter un sommet est un vrai défi contre soi-même, un challenge et j’aime bien savoir jusqu’où je peux aller.
Quelle est votre dernière expérience en date ?
Cet été, en juillet, je suis parti avec ma copine et avec un ami en Chine où nous avons fait l’ascension du Mustagh-Ata. C’était un objectif difficile et nous étions vraiment contents de le réussir. Nous sommes partis à 14 et 6 sont finalement parvenus au sommet. C’est une chose à laquelle je pensais tous les jours alors quand ça c’est réalisé… Nous sommes restés environ une heure à contempler ce magnifique panorama. C’était très intense ! Il est arrivé un moment où, après les doutes, je savais que j’allais réussir et c’est à ce moment que l’émotion se libère. C’est une expérience inoubliable.
C
omment vous préparez-vous avant de telles expéditions ?
On ne s’improvise pas alpiniste. C’est une école très longue où l’expérience est primordiale. Il faut une très bonne condition physique car en altitude, la raréfaction de l’oxygène diminue nos capacités physiques mais aussi nos facultés de réflexion. Je me prépare donc en faisant beaucoup de course à pied, de la natation et même du ski à roulette le long du canal ! La partie délicate reste le financement de ces expéditions qui reviennent chères. Il faut aussi concilier les expéditions avec le travail pour choisir des congés. Je suis frustré par le temps, par l’horloge qui tourne ! Pour financer une partie de l’expédition, j’ai vendu des cartes postales avec des photos que j’avais ramenées. J’ai aussi trouvé un partenariat avec la Ville de Dijon avec laquelle j’ai ensuite participé aux Ecrans de l’aventure en exposant des photos du voyage.
Comment en êtes-vous arrivé à exposer vos photos et qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Au départ, je prenais des photos comme ça, en amateur, puis mon travail s’est affiné et j’ai pu ramener des photos de qualité. C’est devenu une autre passion. J’ai exposé plusieurs fois mon travail. Cela permet de faire partager aux autres ce qu’on a vécu. On en parle autour de nous, à nos proches, mais la photo touche plus de monde. C’est un témoignage et c’est aussi un moyen d’honorer mon partenariat avec la Ville de Dijon, de leur montrer mon travail.
Gardez-vous de mauvais souvenirs ?
En fait, les mauvais souvenirs se transforment ensuite, avec le temps, en bon souvenir. Ce sont parfois des souvenirs très violents et on a parfois des galères, des moments d’incertitudes et de doutes où on se demande ce qu’on fait là ! Par exemple lorsqu’on se réveille le matin et qu’il fait –25°, qu’il faut faire fondre de la neige pour déjeuner, qu’on a le nez gelé… C’est le mental qui prend le relais et il faut des tripes. D’un autre côté, c’est dans ces moments que se soudent des amitiés et lorsqu’on réussit, on est vraiment fier. Plusieurs fois en arrivant en haut d’un sommet, j’ai été pris de spasmes et je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Je garde un très bon souvenir de l’expédition au Chili que j’ai préparée et organisée pendant un an avec certaines angoisses puisque c’était la première fois mais qui s’est finalement très bien passée.
Comment se passe le retour à la vie quotidienne, celle de tous les jours ?
C’est très dur. Le retour est très difficile car on retrouve la routine et ce n’est pas toujours marrant. A peine revenu, je pense déjà à repartir. Là-haut, on vit tellement de choses, des émotions si fortes… Chaque jour apporte quelque chose alors que ce n’est pas toujours le cas habituellement. Là-haut, le temps compte double et j’échangerai volontiers 5 mois de ma vie contre 1 mois là-haut. Quand on revient, plein de petites choses ou de petits problèmes nous paraissent futiles.
Quel sont vos projets ?
J’ai un projet assez important pour 2001. Je voudrais faire la traversée intégrale de la Cordillère des Andes en passant par tout les plus hauts sommets de 7 pays (Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine.) Partir de Caracas pour arriver à Ushuaia. A plus court terme, je voudrais aller en Alaska faire le Mac Kinley (6180 m). Sinon j’aimerais pouvoir gravir un sommet de plus de 8000 mètres avant 40 ans. Il me reste un peu de temps pour m’y préparer.
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