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La faculté de s'en sortir
26/10/2006 14:11Alexandre Mathis
« Passe ton bac d'abord ! » Depuis quelques années, le sempiternel credo lycéen a laissé place, au plus prestigieux : « Vas à la fac et après on verra ! » C'est ainsi que le fragile oisillon acnéique quitte le nid douillet du secondaire pour la vie plus mouvementée de la faculté. Comment se passe cette délicate transition ? C'est la question que nous avons posée à Martin et Flore, tous deux 18 ans et fraîchement débarqués à l'Université de Bourgogne. Le premier s'est dirigé en fac d'Histoire, tandis que la seconde a opté pour la filière médecine.
Martin, allure décontractée et mine d'enfant un jour de noël, semble bien s'intégrer dans le décor de la faculté de Dijon. Venant de Joigny (89), cet apprenti historien s'habitue sans soucis à la jungle du campus. Entouré de ses compagnons de cours et désormais amis, le gaillard se plait « dans des cours kiffant » selon ses propres termes. S'intéressant au journalisme, son passage par la case Histoire fut dirigé par ses résultats scolaires : « Au lycée, c'était la seule matière où je m'en sortais vraiment, et puis j'aime étudier le passé des civilisations », précise-t-il.
Flore, de son côté, n'a pas eu beaucoup d'hésitations avant de choisir sa voie : « Cela fait dix ans que je veux être médecin ». Après un bac S, c'est tout naturellement qu'elle entre à la faculté de Médecine. Avec plus de 1300 élèves pour seulement 300 places en deuxième année, la concurrence est acharnée. « C'est terrible, on sent un véritable esprit de compétition, il faut donc être fort mentalement. Parfois c'est le bordel ! Les amitiés sont assez rares, déplore le futur médecin. Pourtant, il faut trouver quelqu'un qui nous aide à tenir le choc. »
A quelques mètres de là, Martin semble bien loin de ses problèmes. « L'ambiance est bonne dans l'ensemble. On se marre pas mal ». Il est visiblement content des cours où les effectifs ne dépassent pas 300 individus. Son cours préféré s'intitule modestement « Objets et méthodes de l'Histoire », un tour d'horizon complet des débats historiographiques. Contrairement aux idées reçues, les étudiants en Histoire ne sont pas des paresseux. « Je recopie tous mes cours sur P.C et je dois souvent bosser à la bibliothèque universitaire pour préparer les exposés ». Mais, du haut de ses seize heures de cours, ce dernier peut se permettre de prendre son temps pour travailler. En médecine, pas d'exposé. « Je rentre chez moi tous les midis car j'ai fini dès cette heure là. Pour comprendre mes cours, je fais des exercices à l'aide de livres. J'apprends bien sûr mes leçons. A coté, les devoirs du lycée sont ridicules », avoue Flore.
Les modes de vie de chacun sont radicalement opposés. Martin, peu enclin à prendre les transports en commun, préfère marcher. Sa collègue de médecine, résidant près de son ancien lycée du Castel, préfère ne pas perdre de temps et rentre directement en bus. Autre différence notable, l'un ne se prive pas de quelques soirées entre copains, tandis que la seconde essaye de se coucher à l'heure des poules, meilleur moyen, selon elle, d'avoir la tête fraîche pour le bloc de quatre heures d'amphithéâtre le lendemain. L'une fantasme sur les médecins (indissociable des études médecine, paraît-il), l'autre sur l'idée d'un petit hypocras (une boisson « légèrement » alcoolisée datant du Moyen-âge) entre collègues.
Nous ne sommes qu'au début de l'année et le parcours de nos deux compagnons de fac sera semé d'embûches. Nous les retrouverons après les partiels, qui se finiront en février, pour faire un point avec eux.
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