« L'armée ... ce n'est plus ce que c'était ! »

17/09/2007 13:57Thibault Coudray
En 1996, le service militaire a été supprimé pour laisser place à une armée complètement professionnelle, intégrant notamment les femmes. Était-ce une bonne décision ? Quant aux femmes dans l'armée, est-ce un plus ? Le capitaine Jean-Claude Pinard, chef du bureau de gestion du personnel et l'Adjudant-chef Plu, chef des ateliers régimentaires, donnent leurs avis sur cette armée qu'ils ont vu évoluer.

« Nous avons perdu nos petits appelés »

« Nous avons perdu nos petits appelés » explique le capitaine Pinard. Ils étaient disponibles et utiles mais en fin de compte, l'armée a bien évolué. » « La réelle perte avec la professionnalisation de l'armée, c'est la rupture du lien armée-nation, déclare l'Adjudant-chef Plu. Des efforts sont faits pour essayer de le rétablir mais il est vrai que la journée d'appel à la défense est un peu soporifique. »
Depuis 1996, les citoyens titulaires au minimum d'un brevet des collèges, d'un CAP ou d'un BEP peuvent s'engager en tant que militaire du rang 3 ans puis signer à nouveau pour une durée supérieure. « Nous renouvelons environ 100 personnes par an, raconte le capitaine Pinard. Nous ne comprenons pas toujours les raisons qui motivent les recrues. Souvent c'est parce qu'ils n'ont pas trouvé de travail dans d'autres domaines. 60 % s'engagent pour 5 ans. Il n'est pas rare que les engagés mettent fin à leur carrière après 17 ans de service. Ils ont entre 35 et 40 ans et c'est une bonne période pour la reconversion, à laquelle nous participons à un niveau plus ou moins élevé, dans le civil ».

« Des femmes c'est bien, mais trop c'est trop »

« Nous comptons dans nos rangs 68 femmes sur environ 650 hommes, ce qui fait environ 10 %, déclare le capitaine Pinard. C'est la norme de personnel féminin employé dans l'armée de terre actuellement. Personnellement je trouve que c'est un bon chiffre mais qu'il ne faut pas le dépasser. Les filles entre 20 et 25 ans ne posent pas de problèmes mais entre 25 et 30 ans, elles ont un mari, des enfants donc il y a des congés parentaux, de maternité,... Pour nous c'est du personnel non opérationnel.
Cependant les femmes sont traitées de la même manière que les hommes (elles partent en mission, elles ont accès au même grade,..) donc il n'y pas de grandes différences. Elles sont par contre beaucoup plus intéressées que leurs confrères masculins par leur carrière. Elles se tournent davantage vers l'avenir lors des entretiens. »

« Le champ d'action de l'armée, c'est ça qui a changé » insiste le capitaine Pinard. Nous sommes allés au Liban, à Mayotte, en Afghanistan, en Guyane,... Désormais nous agissons sur la terre entière. C'est là que réside le réel changement.
En tant que 13e régiment du génie, notre rôle est d'assurer la protection et la mobilité (entretien des véhicules, construction de ponts...)  des troupes qui combattent. Le génie n'est pas une arme de mêlée ; ce n'est cependant pas pour cela que nous agissons toujours en terrain sûr. Si une patrouille de blindés est bloquée par un champ de mines, c'est nous qui agissons. Nous sommes complémentaires. »
« Quand nous sommes allés au Kosovo de septembre 1999 à février 2000 pour le compte de l'ONU, nous n'avions pas le droit de tirer, raconte l'Adjudant Chef Plu, seulement en cas de légitime défense. Cependant il est arrivé plusieurs fois à mon unité d'effectuer des tirs de sommation pour protéger des personnes en danger. C'est à cela que pourrait se résumer notre mission aujourd'hui : protection et maintien de la paix. »

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