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Karima Mkika : « Aider, ce n’est pas assister »
09/08/2008 15:50Thibault CoudrayMarrakech
À 39 ans, la présidente de l’association Al Karam, Karima Mkika, a le dynamisme d’une jeune fille. Le sourire aux lèvres, cette mère de quatre enfants explique son combat pour cette association vieille de 17 ans.
« Depuis que je suis toute petite, je voulais aider les gens », raconte Karima Mkika, présidente de l’association Al Karam - la générosité en arabe. Chaque été, elle habitait un mois chez sa grand-mère à Casablanca. Celle-ci logeait dans un quartier populaire où Karima était confrontée à la pauvreté. « Ma grand-mère était très religieuse, décrit cette femme énergique de 39 ans. Elle considérait qu’au cours du ramadan on devait inviter à dîner des gens dans le besoin. Leur état me choquait. »
Les premiers actes sociaux de la jeune Karima seront des démarches charitables. « Quand mon grand-père allait prier, je tenais son magasin, rigole la présidente d’Al Karam. À son retour il manquait souvent 10 dirhams. Je lui disais : « la dame qui est venue, elle était pauvre… » »
Mais même si elle souhaite venir en aide aux plus démunis, Karima Mkika ne veut pas en faire son métier. Une fois son bac en poche, elle désire devenir médecin, mais son père refuse qu’elle parte en France. Elle s’inscrit alors dans une école de commerce avant de se rendre à Rabat pour suivre des études de droit en français. Là, elle rencontre son futur époux avec lequel elle se marie rapidement.
Les débuts à Safi
Le couple s’installe dans la ville côtière de Safi. En allant, faire son marché sur le port tous les jours, Karima croise des enfants des rues. « Un jour, je me suis dit que ça ne pouvait plus durer, raconte-t-elle. J’ai alors fondé Al Karam, une association destinée à aider les enfants en difficultés. Au bout des trois premiers mois, j’ai réalisé que la charité telle que la pratiquaient mes grands-parents ne servait à rien. » Il fallait permettre aux enfants de voler de leurs propres ailes. « Même si je suis pratiquante, mon action est purement humaine contrairement aux autres membres de ma famille qui le font car le Coran l’exige », spécifie Karima Mkika.
Passer le flambeau
Dix-sept ans plus tard, l’association se porte bien et comprend plusieurs antennes, dont une à Marrakech. Karima Mkika aimerait désormais pouvoir confier la présidence à quelqu’un d’autre. « Mon mari m’a beaucoup aidé dans mon entreprise, affirme-t-elle. C’est lui qui a assuré les apports financiers, qui s’est occupé des enfants lorsque j’étais en voyage de formation, etc. » Ce qu’elle souhaiterait aujourd’hui, c’est léguer une partie de ses pouvoirs tout en gardant des fonctions dans l’association. Cela lui permettrait de consacrer plus de temps à sa famille. Dans un petit sourire, elle conclut : « C’est à mon tour de m’occuper de mon mari… »
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