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Juifs et Marrakchis ? Sans problèmes !
26/07/2008 20:53Juliette BourriganMarrakech
Rachel Biesse et Allan Bittoun, 17 ans, sont deux élèves du lycée français Victor Hugo de Marrakech. Cette Française et ce natif de Marrakech sont deux jeunes juifs, parfaitement intégrés à la société musulmane.
Rachel Biesse est une jeune franco-américaine de 17 ans. Née à Paris, elle a consécutivement vécu en Inde et en Tunisie, avant d’arriver à Marrakech. Désireuse de poursuivre ses études aux États-Unis, Rachel est une jeune fille qui aime voyager.
Allan Bittoun a également 17 ans. Né à Marrakech, ce Franco-Israélien a toujours vécu dans cette ville, observant avec regret « sa modernisation. » Depuis toujours, il fréquente l’Institut français.
Allan Bittoun a 17 ans. Né à Marrakech, ce Franco-Israélien a toujours vécu dans cette ville, observant avec regret « sa modernisation. »
Ces deux jeunes gens ont en commun leur religion : la religion juive.
« Ma mère est juive. Mon père s’est converti. Et comme le judaïsme se transmet par la mère, voilà ! », explique Rachel en souriant. « Au lycée, il y a deux réactions. Les gens qui nous disent « vous êtes nos cousins » et les gens mal informés, qui ont des stéréotypes », commente-t-elle. « Dès fois, on entend des mots blessants, c’est vrai. Mais c’est souvent de la part des petits », excuse cette adolescente très tolérante. Il ne semble pourtant pas exister de communautarisme au sein du lycée. « On est très mélangés », déclare la jeune fille. Pour les fêtes, c’est sympa de se retrouver entre Juifs, mais sinon on ne fait pas différence. »
« Il n’y a jamais eu de soucis, raconte à son tour Allan. À part ce petit hypocrite qui commence à dessiner des croix gammées au lycée… » « Mais il arrêtera vite », ajoute le jeune Marrakchi, qui ne semble pas faire grand cas de cette exception d’intolérance.
« À l'école, quand ils étudiaient le Coran ou lorsqu'il y avait une occasion spéciale, j'étais dispensé. J'attendais dehors sur une chaise, déclare Allan. Tout s'est toujours très bien passé. » Sa famille étant très pratiquante, il a toujours baigné dans la culture juive. « Il n’y a jamais eu de problèmes, parce qu’avant, à l’époque de mon papa, il y avait une énorme communauté juive à Marrakech, explique-t-il. Aujourd’hui, on est très peu et les deux synagogues en activité sont largement suffisantes ! » Depuis qu’il est tout petit, Allan se rend de temps en temps en Israël. Sa mère y résidant trois à six mois pas an, il est très proche de cet État et en a d’ailleurs acquis la nationalité.
Rachel, elle, ne s'estime « pas très pratiquante ». « On célèbre les fêtes les plus importantes, mais à la maison on ne respecte pas les traditions. On ne se rend à la Synagogue que deux fois par an, pour la fête du Grand Pardon et le Nouvel An, explique la jeune fille. On s'y rend peut-être plus lorsqu'on n’est pas au Maroc. Ancré dans la religion musulmane, le Maroc n’est pas le théâtre des effusions festives de la religion juive, même s’il les tolère. C'est vrai qu'ici il y a un certain décalage, comme la société est majoritairement musulmane… »
Malgré ce « décalage », ces deux jeunes Juifs se sentent « très bien intégrés ». « Au quotidien, être Juif au Maroc, ça ne change rien ! », déclare Rachel. Et la politique, ces deux jeunes gens en sont bien détachés. « Je ne connais rien à la politique », affirme Allan. En riant, Rachel confirme : « Je ne savais même pas que le conseiller de Mohamed VI était un Juif… »
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