Invitation de la Roumanie dans l'OTAN, entre euphorie et mécontentement
28/12/2002 02:27Mihai Marcel Samanta
Depuis la révolution anticommuniste de 1989 et l’instauration d’un régime démocratique en Roumanie, on s'intérroge sur la bonne direction à prendre. OTAN ? Union européenne ?
Il est devenu évident que le désir des Roumains était de repousser tout ce qui tenait de l’ancien régime et de s’intégrer dans le système des valeurs démocratique de l’Occident. Par conséquent la candidature de la Roumanie à l’Union européenne et à l’OTAN a été considérée comme une réaction normale d’une société démocratique à peine accouchée, dans une zone brûlante de l’Europe. En plus l’invitation récente à l’adhésion à l’OTAN du 21 novembre 2002 vient comme une reconnaissance des efforts déposés par l’Etat roumain pour la défense des valeurs démocratiques.
Mais en même temps cette décision historique de l’Otan lance comme toutes décisions politiques importantes, des réactions pour ou contre qui se manifestent plus ou moins violemment. L’importance de l’événement est connue par tout le monde grâce à l’ampleur avec laquelle les politiciens et les médias ont informé la population, mais malheureusement il y a encore des gens qui n’en connaissent pas les implications. Ce n’est pas le cas des jeunes qui n’hésitent pas, chaque fois qu’ils ont l’occasion, à prendre le pouls des événements, mais les politiciens ne trouve jamais le temps nécessaire pour répondre à leurs questions.
On a demandé aux jeunes leur avis sur l’entrée de la Roumanie dans l’Alliance et on a pu distinguer deux catégories de jeunes : les optimistes et les méfiants. Les premiers soutenaient qu’être membre de l’OTAN est une chose bénéfique du point de vue militaire et stratégique. On élimine une fois pour toute la peur pathologique d’un danger « hypothétique » russe. En plus on a la chance d’attirer des investissements substantiels et d’appuyer l’économie roumaine. Il ne faut pas oublier le fait que l’Alliance garantit la sécurité et l’intégrité territoriales de ses membres.
Par contre les pessimistes affirment que même si l’on est à l’abri sous ce grand parapluie de l’OTAN, la qualité de membre nous oblige à participer, que l’on veuille ou non, à des opérations militaires qui ne représentent pas en définitif la cause de la Roumanie dans le monde. On se demande, si par absurdité une guerre commence entre les Alliés et la Russie, si la Roumanie ne sera pas abandonnée de nouveau. Ensuite, ils attirent l’attention sur l’effort économique qu’il faut faire pour rendre compatible l’armée avec les standards de l’Alliance. C’est pour cela que la majorité d’entre eux considèrent que pour le moment l’OTAN n’est pas une priorité. Ils considèrent le défi économique comme question plus ardente, et implicitement l’entrée dans l’U.E. Ils mettent aussi en discussion une autre situation possible : « comme les relations entre Strasbourg et Washington ont connu une mauvaise période ils se demandent quelle sera la position de la Roumanie en cas de rupture au sein de l’Alliance entre les deux entités ? »
Maintenant on ne peut pas estimer l’impact que l’Alliance aura sur la vie sociale, économique et politique en Roumanie. Une chose est sûre la Roumanie n’est plus la zone grise située entre les portes de l’Orient et celles de l’Occident. Elle est entrée dans le circuit des valeurs démocratiques, qu’elle partage depuis beaucoup de temps, malgré le cours de l’histoire qui avait décidé de procéder autrement.
C’est une réussite importante de la diplomatie roumaine qui met fin en 2002, 13 ans après la révolution, à tout ce qu’on pourrait associer à l’idée de dictature communiste. On peut expliquer l’enthousiasme sur les visages des Roumains car pendant un demi-siècle le peuple a été privé de tout ce qui tenait à la libre expression de l’individu, mais il faut comprendre aussi les mécontentements. En 13 ans nous avons appris les valeurs démocratiques : le capitalisme, la tolérance, la pensée libre et l’expression des sentiments et des croyances sans aucune contrainte. Et en conséquence on veut exprimer ce qu’on éprouve et ce qu’on pense, c’est pour cela qu’on a choisi l’OTAN et l’Union européenne (un jour...) On partage les mêmes idéaux !
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