Informer pour préserver
28/12/2002 02:27Meret
Dans un pays où la drogue, le sida et les grossesses non désirées restent un problème très important, voire majeur, on s'est vite rendu compte de la nécessité d'informer la population des risques qu'elle encourait si elle ne se protégeait pas.Mais la création des centres de planning familial qui ont un rôle préventif et médical, a été longue et très laborieuse.Ces structures de prévention sont toujours confrontées à des problèmes de communication.
Au temps de Ceausescu, la contraception n'existait pas... Le dictateur imposait une politique nataliste et il était alors très difficile d'obtenir des informations sur la sexualité. Pour combler cette lacune, le mouvement roumain du planning familial a ouvert son premier centre en 1990. Son organisation a été assez laborieuse, si bien que peu de personnes avaient finalement accès aux informations. En 1995, des centres de planning familial gratuits (avec un fonctionnement sensiblement identique aux centres français), confiés à des personnes qualifiées, ont été créés dans tous les départements roumains. Certains sont d'ailleurs privés.
Le planning mène des campagnes de prévention dans les écoles, par distributions de tracts, pour informer les jeunes, étudiants et élèves, qui constituent la majeure partie de la "clientèle". Cependant, là encore, l'information n'est pas assez présente même si des efforts sont faits pour améliorer la situation. Ce que les jeunes savent sur la sexualité, ils l'ont généralement appris à la télé ou dans les journaux. Les jeunes Tziganes, qui, par exemple auraient également besoin d'être informés, ne s'y rendent jamais faute de connaître l'existence de telles structures.
Les rapports non protégés sont encore très courants en Roumanie du fait de la pauvreté, du manque d'informations, de la négligence et de la prostitution non contrôlée. De plus, un avortement coûte seulement 60.000 lei (2,5 euros, 17 francs) et il est souvent moins cher que certains contraceptifs. Cependant, dans les cabinets privés, le prix peut monter jusqu'à un million de lei (42 euros, 278 francs), l'opération étant réalisée dans des conditions médicales plus fiables. Après la révolution, dès que l'avortement a été autorisé et alors que les contraceptifs n'existaient toujours pas, on a enregistré un nombre d'opérations très important, estimé à un million en 1990. Mais ce chiffre a considérablement baissé puisqu'en 2000, le nombre d'avortements était de 100.000 environ (le chiffre exact ne pouvant être connu car le nombre d'avortements dans les cabinets privés est confidentiel). Les efforts du planning familial s'avèrent donc fructueux mais probablement encore insuffisants surtout auprès de la population défavorisée.
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