Hué le temps d’un festival

26/08/2004 10:07Eddy PetitVietnam
Le temps du festival, Hué perd de sa tranquillité mais c'est pour mieux revivre. Regards sur la ville et le festival d'un descendant des Empereurs.

L a ville de Hué est un peu plus bruyante qu'à l'accoutumée. Le temps du festival, Hué perd de sa tranquillité mais c'est pour mieux revivre. Ces neuf jours de fête sont l'occasion, pour cette ville au riche patrimoine, mais qui a beaucoup souffert de la guerre, de se refaire une santé. «Si on remonte aux années 90, la ville était plus triste» , se souvient Buu Y, professeur de littérature française. Grand admirateur d'André Gide dont il a traduit sept ouvrages, Buu Y  pose un regard pratique sur le festival : «C'est l'occasion de rendre la ville plus propre, c'est sa toilette.»

Du point de vue vietnamien, le festival est aussi un formidable moteur de développement économique par le tourisme. Les hôtels ont poussé comme des champignons. Des édifices en ruines ont été restaurés même si la tâche est loin d'être finie. Avec les financements de l'Unesco, l'effort a été porté sur la restauration des tombeaux royaux et l'intérieur de la citadelle. « Tout cela a sauvé et embelli la ville ! Probablement, la restauration des édifices n'aurait pas été la  priorité pour le gouvernement sans le festival », souligne Buu Y.

Bien entendu, le festival n'est qu'une vitrine éphémère qui ne représente pas la réalité, mais d'après Buu Y, qui est aussi un descendant de la famille royale, «cela permet de réhabiliter les valeurs culturelles de la ville, par exemple la musique, le théâtre et la gastronomie huéenne.»

Si le festival est une aubaine pour les habitants de Hué, c'est de manière indirecte et surtout pour l'activité qu'il génère. Car quand on lui demande si tous les Vietnamiens profitent du spectacle il répond qu'heureusement il existe un programme « off ». Lui-même ne participe pas au programme « in » trop coûteux pour les modestes bourses vietnamiennes.

«Après le festival ça fait un petit vide puis la vie reprend son train-train», confie Buu Y. Heureusement il restera toujours la mythique Rivière des parfums, le prestigieux site de la cité impériale et pour lui, son amour de la littérature française «qui remonte à un temps immémorial.»

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