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Heureux qui comme Nabil…
23/05/2008 06:33Alexis Hontang
Luthiste de talent, compositeur, arrangeur… Nabil Khalidi est un musicien multicarte. Après vingt-six ans de labeur dans l’Hexagone, ce Fassi de 49 ans s’en est retourné au bercail, victime du ténébreux avenir que la France de Sarkozy lui proposait. Aujourd’hui à Casablanca, Nabil Khalidi peut s’épanouir de nouveau.
« La misère serait moins pénible au soleil. » En reprenant le célèbre refrain de Charles Aznavour dans sa chanson Emmenez-moi, Nabil Khalidi, luthiste et compositeur de talent, explique son retour aux sources marocaines, après vingt-six ans passés en France. «On acquiert de l’expérience en France pour mieux la partager au Maroc », relativise ce Fassi, les stigmates d’un retour précipité encore bien ancrés dans son esprit : « Avec l’arrivée de Sarkozy, avant même qu’il ne soit président, j’ai senti une nette différence par rapport à mes débuts, en 1981, au commencement de la période Mitterrand. Sa politique policière, le délit de faciès… En plus, les intermittents du spectacle, qui vivent de leur art, ont de plus en plus de mal à trouver de travail. À l’ANPE, on te présente des stages qui n’ont rien à voir avec tes activités précédentes : on m’a proposé un stage de plomberie… »
En guise d’au revoir, cette fin en eau de boudin met un injuste bémol à une carrière que ce natif de Fès avait réussi à tisser au rythme de la musique orientale. « J’ai commencé à l’ensemble de musique médiévale de Montpellier, que j’ai fréquenté durant six ans et demi.
Ensuite, j’ai donné des cours dans un conservatoire de musique ancienne, en Suisse ». En parallèle de cette vie de luthiste confirmé, l’âme de rocker du Fassi commence à se dévoiler. En 1985, il rejoint Carte de Séjour, le groupe du controversé Rachid Taha. À l’aube des années 2000, il prend part au phénomène raï, collaborant avec 1, 2, 3 Soleils en tant que co-arrangeur et musicien ainsi qu’avec Faudel, comme chef d’orchestre, jusqu’en 2006. « Musicien professionnel, quand on est en Europe, quand on habite Paris, vous avez tout de suite un statut, vous êtes reconnu. J’ai pu voyager à travers le monde », se remémore-t-il.
Directeur artistique de la Star’Ac arabe !
Exilé depuis deux ans, à plus de 1 900 km de la Tour Eiffel, Nabil Khalidi regrette de la France des choses toutes bêtes comme « le foie gras ou prendre un demi sur une terrasse d’un café ».
Mais aujourd’hui, à Casablanca l’Européenne, le luthiste se félicite d’avoir pris ce virage à 360°. « C’était le bon moment pour retourner au Maroc. Le pays évolue à vitesse grand V. Parfois même, quand je me balade à Casa, j’ai l’impression de ne pas être au Maroc ! » Toujours en contact avec le monde entier, grâce à la scène - « Avant, on me considérait comme un artiste marocain de Paris. Maintenant, on me voit comme un Marocain du Maroc. C’est pour moi une reconnaissance forte », dit-il - Nabil Khalidi a pu s’épanouir de nouveau sur ses terres natales. Musicien à D-Cibel studios, ce Fassi a même eu la chance de faire un saut dans la télé-réalité : il a été directeur artistique de la première édition de la Star Academy arabe. Aznavour avait bien raison…
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