HASTA SIEMPRE MIGUEL !

10/04/2007 10:24Gary Bernard
Il s'appelle Miguel Galván Gutiérrez, il est cubain. Depuis mars 2003, il est enfermé dans une prison de son pays. Son crime ? Journaliste indépendant dans un pays où, être libre c'est être en accord total avec le régime du convalescent Castro.

Avec pas moins de 25 journalistes sur 270 prisonniers d'opinion, Cuba est la deuxième prison du monde. Seule la Chine (avec 32 journalistes emprisonnés) la dépasse d'une (courte) tête. Arrêté le 18 mars 2003 et condamné à 26 ans de prison, Miguel Galván Gutiérrez, journaliste à l'agence Havana Press et syndicaliste indépendant, est l'un de ces prisonniers cubains. Il est accusé par les autorités d'être « un mercenaire au service d'une puissance étrangère ». Lui estime avoir seulement fait son métier de reporter.

Miguel est mal

Depuis le début de son incarcération, l'état de santé de Miguel Galván Gutiérrez n'a fait qu'empirer. Il a souffert au début de déshydratation extrême et avait perdu huit kilos au bout de trois mois de détention. Après avoir été puni par les autorités pénitentiaires pour avoir mené, en septembre 2003, deux grèves de la faim en protestation contre ses conditions de détention, le journaliste a été transféré dans une cellule d'isolement où il a été privé d'eau et de lumière pendant plusieurs jours et n'a pas été autorisé à lire ni à écrire. Les séjours réguliers qu'il a faits au cachot (73 jours durant les 11 premiers mois de sa détention) ont aggravé les différents maux dont il souffrait (fréquentes diarrhées, douleurs dans l'abdomen et dans les articulations, inflammation des pieds et d'un bras. De plus, le journaliste ne reçoit pas les soins médicaux nécessaires, et ce, pour plusieurs raisons : son carnet de santé lui a été confisqué lors d'une perquisition à son domicile avant son arrestation, ce qui empêche les médecins de prescrire des traitements adaptés. Les appareils médicaux sont hors service et les médicaments qui lui sont envoyés sont régulièrement confisqués. Selon les déclarations de sa famille, les appels téléphoniques et le service religieux lui sont aussi refusés. En mai 2004, Miguel est transféré, pour indiscipline, dans une cellule de prisonniers de droit commun, munis d'armes blanches et qui lui dérobent régulièrement sa maigre ration alimentaire et ses affaires personnelles. Depuis le 24 avril 2005, selon une information de Nueva Prensa Cubana, Miguel Galván Gutiérrez a été placé en cellule d'isolement alors qu'il est atteint de fortes fièvres et de problèmes urinaires. Carlos Río, un de ses confrères, affirme qu'il n'a pas pu communiquer avec ses proches depuis au moins un an. Sa libération, quant à elle, est toujours prévue en 2029.

Reporter sans frontières mais avec des idées...

Miguel Galván Gutiérrez n'est pas un cas isolé. 19 autres journalistes cubains ont été arrêtés et condamnés à des peines comprises entre 14 et 27 ans de prison, au cours du printemps 2003. Dans le monde, les journalistes emprisonnés sont une centaine. Pour obtenir leur libération, « Reporter sans frontières » multiplie les initiatives. Le 15 mars dernier, une trentaine de militants de RSF ont manifesté devant le stand de Cuba au salon du tourisme à Paris. Des pétitions, exigeant la libération des journalistes, circulent sur le web. Enfin RSF a mis en place cette année des parrainages entre des journalistes détenus arbitrairement et des lycéens de Bourgogne. Ainsi, en attendant d'autres, les lycées Léon Blum du Creusot, Gabriel Voisin de Tournus, Emiland Gauthey de Chalon-sur-Saône, Lamartine de Macon et Le Castel de Dijon vont parrainer quatre de ces journalistes (un journaliste Cubain, un Chinois et Américain et un Turkmène). Qui sait ? Peut-être que notre futur(e) président(e) refusera de recevoir ambassadeur et représentants officiels du régime castriste et tentera, avec ses concitoyens de faire entendre la voix de ces prisonniers aux droits communs.
Rappelons-nous aussi que le 3 mai est la journée internationale de la liberté de la Presse (la 17ème)...alors, soutenez RSF pour que cette liberté, élément essentiel de la démocratie, existe ailleurs, mais aussi ici. Achetez l'album « 100 photos du Festival de Cannes pour la liberté de la presse, à l'occasion de son 60e anniversaire », en vente dans tous les bons kiosques au prix de 8.90 euros dès le 3 mai au profit et à l'initiative de RSF.
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