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Haras de Meknès : le berceau des équidés
03/08/2008 15:08Sonia BargeMeknès
Le haras de Meknès produit des chevaux d’élite pour la région du Moyen-Atlas. Il est aussi le protecteur d’une race oubliée et peu répandue, le barbe.
À la sortie de la ville, derrière des murailles, se cache l’une fierté de Meknès, sinon du royaume marocain : le haras royal et la jumenterie nationale. Ils abritent plus de 250 chevaux, dont une centaine d’étalons, qui profitent des 67 hectares de terrain.
M. Stail est l’actuel directeur de ces lieux aux murs blancs immaculés, entourés d’allées fleuries. L’homme a obtenu un baccalauréat scientifique, sans avoir alors de réelles passions pour les équidés. « J’avais au fond une vocation d’enseignant ou de chercheur. Et c’est vrai que j’ai parfois quelques regrets, confie-t-il. Mais les chevaux étaient des êtres qui m’intriguaient et un jour je me suis dit « et pourquoi pas vétérinaire ? ». Cinq mois après sa sortie de l’école, il commençait un tour des haras du Maroc avant de s’installer à Meknès, en septembre 2006.
La production d’une élite régionale
« Cet établissement est le plus vaste du royaume, affirme aujourd’hui avec fierté son directeur. C’est celui qui regroupe le plus grand nombre de chevaux, et de personnel. » Créé en 1923, sous le Protectorat, pour servir de remonte militaire et ainsi répondre aux besoins de l'armée royale en chevaux, le haras de Meknès a aujourd’hui pour mission de produire des chevaux d’élite pour toute la région du Moyen-Atlas. « Nous cherchons à obtenir une production intensive et de qualité », indique M. Stail.
L’établissement travaille avec une trentaine de stations de monte, éparpillées autour de Meknès, dans un rayon de 30 km. Le haras met à leur disposition ses mâles reproducteurs gratuitement, à l’exception de quelques étalons pour lesquels il faut payer. L’équipe est également appelée à agréer des chevaux privés, pour contrôler leur race. « On pratique des tests de filiation puis on fournit des papiers officiels qui leur ouvrent les portes des concours, explique le directeur de l’établissement. Cela leur donne un statut. Seuls les haras sont habilités à le faire. »
La protection des barbes
« Au Maroc, il y a 150 000 chevaux, et un million de bourricots ! » plaisante, M. Stail. Au début des années 70, les fiers équidés étaient 500 000. La chute d’effectif est principalement due à la mécanisation. On compte toutefois encore une douzaine de races différentes dans le royaume.
Au cours de la troisième édition du salon de l’agriculture international au Maroc qui s’est tenu à Meknès cette année, le haras a pu exposer les différentes races de son élevage : le pur-sang arabe, l’arabe-barbe et le barbe. Également appelés chevaux des Berbères, les barbes avaient été quelque peu oubliés jusque dans les années 80, car ils avaient été rayés du stud-book* français en 1962 (registre contenant la généalogie et les performances de chaque cheval). Ils n’y ont repris place qu’en 1988 grâce à l’Association Française du Cheval Barbe. Mais, encore aujourd’hui, le haras de Meknès est l’un des seuls à en élever. « À chaque naissance, nous entretenons maintenant le stud-book des chevaux barbes du haras », précise le docteur Stail, à la fois directeur des lieux et vétérinaire. L’une des particularités des haras marocains est en effet que chaque responsable soit un vétérinaire. « C’est une tradition que nous gardons depuis des millénaires au Maroc », indique le Dr Stail. C’est peut-être aussi pour cela que les chevaux de Meknès sont si beaux et en pleine santé.
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*Registre portant les noms, la généalogie et les performances d’un pur-sang. |
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