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Gran Torino : Le testament d' Eastwood
05/03/2009 07:24Alexandre Mathis
Retour devant la caméra pour Clint Eastwood pour nous livrer avec puissance une œuvre sur la rédemption et le rejet du communautarisme d'outre-Atlantique.
Gran Torino : Le testament d' Eastwood
Retour devant la caméra pour Clint Eastwood pour nous livrer avec puissance une œuvre sur la rédemption et le rejet du communautarisme d'outre-Atlantique.
Nous avions laissé Clint Eastwood à ses petites histoires d'enlèvement d'enfants l'an dernier avec l'Échange. Quant à sa dernière apparition devant la caméra, elle remonte à l'excellent Million Dollar Baby. Le Eastwood version 2009 raconte la retraite peinarde de Walt Kowalski, retraité raciste de la guerre de Corée. Bien malgré lui, le vétéran se retrouve avec des voisins Hmongs (peuple vietnamien ayant combattu au côté des Américains lors de la guerre du Vietnam), dont le jeune Thao. La vie de Walt se résume à tuer le temps, fusil toujours à porter de main, à laver sa Gran Torino 1972, voiture qu'il a vu naître quand il travaillait chez Ford. Alors, Gran Torino, film beauf avec grosse cylindré et chasse aux « niaks », comme les surnomme le vieil homme ?
Loin de là, bien entendu. La première bonne idée du film est de ne jamais faire rouler la Gran Torino, hormis à la fin, faisant ainsi de l'objet de fierté du retraité une sorte d'œuvre d'art intouchable. Alors, quand Thao tente de lui voler sa voiture, Walt explose de colère. Le personnage d'Eastwood est intéressant à plus d'un titre. Si ses sarcasmes ouvertement xénophobes font rire jaune le spectateur, c'est peut-être, car ce dernier veut bien croire à l'irréalisme de comportements pourtant bien courants. Kowalski fustige de tous les noms les étrangers dès qu'une occasion se présente. Pourtant, l'acte de rédemption se construit au fur et à mesure du film, quand, petit à petit, Thao hérite du savoir de Walt, de ses biens, mais aussi de sa confiance. Son exorcisme est total puisqu'il se libère de ses erreurs de Corée dans une ultime confrontation forte en symbole.
Clint Eastwood se construit un antihéros total, allant volontairement vers une dérision de ce qu'il fut à l'époque des Sergio Leone, ou du flic impeccable dans Un Monde Parfait. Ses plans sont toujours posés, prenant le temps de montrer les choses sans jamais tomber dans le mollasson. Au spectateur d'apprécier. Eastwood s'est écarté de la trame parfois complexe d'un Mystic River pour nous livrer une oeuvre claire, presque convenue. C'est peut-être là toute la force de Gran Torino, pas besoin de faire original, tant la statue est peaufinée, tant sa volonté de rejeter cet élan réactionnaire en lui est une réussite.
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