Frustrations
28/12/2002 02:27Eddy Petit
À la veille de boucler ce premier numéro de Typo "Extra Muros", on éprouve un sentiment de frustration. Frustration parce que finalement, 20 pages c'est tellement peu quand il s'agit de raconter un pays, et plus encore quand il s'agit de la Roumanie!
À
la veille de boucler ce premier numéro de Typo "Extra Muros", on éprouve un sentiment de frustration. Frustration parce que finalement, 20 pages c'est tellement peu quand il s'agit de raconter un pays, et plus encore quand il s'agit de la Roumanie!
Coucher sur le papier toutes ces rencontres, ces expériences vécues, ces émotions est un réel défi. On voudrait plus de place, plus de mots, plus d'images pour tout dire et ne rien oublier. On se sent peut-être aussi investis d'une mission, celle de contrebalancer une image de la Roumanie imposée par les médias dans nos esprits, une image faite de clichés et de raccourcis qui tiennent en trois mots: pauvreté, sida et difficultés d'intégration de la minorité tziganes.
Bien sûr, ce sont des réalités qui font partie du quotidien roumain et il ne faut surtout pas les nier, ni les oublier. Mais la Roumanie, c'est plus que ça. C'est aussi par exemple, malgré une grande pauvreté, un modèle de générosité et d'hospitalité. Il faudrait pouvoir parler plus de ces médecins qui achètent avec leur salaire les jouets pour les enfants malades, de ces professeurs qui prennent sur eux pour donner une instruction de qualité à leurs élèves et de tant d'autres qui mettent tout en oeuvre pour que l'image de la Roumanie change, pour que son avenir soit meilleur...
Impossible de rester indifférent: on s'attache, on a envie d'aider, mais aussi d'apprendre d'une telle simplicité et d'une telle humanité. Lorsqu'un Roumain, dont le salaire mensuel équivaut à un dixième du SMIC français, nous accueille chaleureusement, partageant tous ses biens avec nous, et garde toujours le sourire, comment ne pas se remettre en question, ne pas prendre du recul face à nos petites "difficultés", qui, la veille, nous paraissaient insurmontables?...
A la lecture de ce numéro, prenez garde à ne pas faire votre jugement trop rapidement. Notre témoignage devait être objectif, et c'est pourquoi nous avons abordé des thèmes douloureux, tels que la drogue, le sida, les centres de placement pour enfants. Mais nous espérons avoir fait ressortir d'autres choses plus positives. Bien des choses restent imparfaites, mais la Roumanie est en "grands travaux". Elle a de l'avenir!
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