Fier d’avoir combattu pour la France

26/07/2008 22:07Thibault CoudrayRabat

Abdelkader Sahoueine est un de ces nombreux Marocains qui ont combattu sous les drapeaux français durant le protectorat. Goumier au cours de la Seconde Guerre mondiale puis tirailleur en Indochine, il bénéficie actuellement des aides que fournit la France à ses anciens combattants. Dans ses yeux, envahis peu à peu par la cécité, s’allume encore une flamme lorsqu’il livre un témoignage où se chevauchent français et arabe.

Abdelkader Sahoueine s’est engagé en juillet 1943Abdelkader Sahoueine s’engage en juillet 1943. Étant trop jeune pour faire partie des tirailleurs, il devient goumier. Son régiment passe alors par la Tunisie pour aller libérer la Corse, accompagné de la 3ème section américaine. « Nous étions toujours envoyés en premier lors des assauts, explique le vieil homme aveugle. Mais les officiers français nous accompagnaient pour nous diriger et nous encourager. » Une fois la Corse débarrassée de l’occupation allemande, le jeune soldat combat quatre jours sur l’Île d’Elbe avant d’être rappelé en Corse pour participer au débarquement de Provence. Son régiment traverse alors la France à la poursuite de l’armée allemande. Lorsque l’Armistice est signé, il se trouve en Allemagne.

Retour dans le Maroc indépendant

Le livret militaire d' Abdelkader SahoueineAbdelkader Sahoueine s’enrôle de nouveau en 1946 pour aller combattre sur le front indochinois. Les combats sont nettement plus intenses, car les Viêt-Cong pratiquent la guérilla. « Un jour, nous avons été encerclés par les Indochinois, raconte Abdelkader Sahoueine avec émoi. Seuls moi, mon commandant et trois autres Marocains sommes parvenus à nous enfuir. » À cette époque l’arAbdelkader Sahoueine s’enrôle de nouveau en 1946 pour aller combattre sur le front indochinoismée française est majoritairement composée de Marocains. Mis à part les officiers qui mangent à l’écart, les secondes classes (Français et Marocains) vivent ensemble. Globalement tous les soldats sont mis sur le même pied d’égalité. « Personnellement, je n’ai jamais été promu, avoue le vétéran en souriant. On me trouvait un peu nerveux. » « Je n’ai été démobilisé qu’un an après la déclaration d’indépendance du Maroc, se rappelle le vieil homme. J’ignorais tout de ce qui se passait dans mon pays. » Son engagement aux côtés de la France n’a rien changé dans ses relations avec les autres Marocains. « Travailler avec les Français ou avec les Marocains, c’était du pareil au même », affirme-t-il. Et lorsqu’on lui demande son sentiment par rapport à son passé, il répond sans hésiter : « Je me suis enrôlé volontairement. J’ai combattu sous les drapeaux de la France comme si elle était ma patrie. J’en suis extrêmement fier ! »

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