Femme et politique, une alliance impossible ? !...
13/07/2006 10:53MihaïTypo Roumanie Chalon sur Saône
Est-ce que la France est prête à accepter la parité homme femme ? Voilà une question que nous avons adressée à M. Michel Labori, expert européen. Sa femme, ancienne professeur de philosophie qui l'accompagne, intervient de temps en temps avec des remarques pertinentes. Le problème de la femme, c'est aussi le sien !
« La place de la femme dans la politique en France évolue de façon importante », affirme monsieur Labori. « Mais ces évolutions ne se concrétisent pas encore suffisamment. Désormais, pour les élections municipales et régionales une loi stipule la parité. En Bourgogne toutes les listes électorales ont présenté autant d'hommes que de femmes.
Le problème maintenant se situe au niveau des responsabilités ». « Les femmes sont plutôt vice-présidentes que présidentes des régions », constate-t-il. « On parle d'une parité, mais les femmes ont souvent les places inférieures. Au Parlement Européen, on va vers la parité mais ce n'est pas la France, c'est l'Europe. Le problème c'est que les femmes sont placées dans des circonstances ou elles ont peu de chances d'être élues ; c'est donc une fausse parité. Souvent, on nomme des femmes pour dire officiellement qu'on observe la parité mais dans les faits, elles sont marginalisées. Il y a encore beaucoup de travail pour faire évoluer les mentalités et pour que les partis politiques donnent aux femmes des places équivalentes à celles qu'ils donnent aux hommes. Édith Cresson, notre première Premier Ministre femme, a exercé ses fonctions neuf mois et s'est heurtée à beaucoup de difficultés à l'intérieur même de son parti. Mais elle a commencé à donner des places plus importantes aux femmes. Je crois que sur le plan politique la France est encore en retard. Dans la haute administration des services à vocation sociale, les femmes peuvent accéder à de hautes responsabilités plus facilement. Peu de femmes dirigent des entreprises.
Il y a aussi actuellement des professions qui se féminisent, on a de plus en plus femmes médecins, c'est une évolution intéressante. De même que Science Po, les écoles de commerce recrutent plus de filles que de garçons ».
Parfois, les femmes empruntent aux hommes leurs attitudes pour s'imposer : elles s'habillent comme eux et jouent sur cette image pour être respectées. Martine Aubry, maire actuel de Lille, serait, selon monsieur et madame Labori un bon exemple. La cause en serait son désir de copier son père, Jaques Delors.
L'exemple préféré de monsieur et madame Labori, c'est Simone Weil qui « n'est pas une femme mais une dame ». Son rôle fut décisif dans la lutte pour la contraception en France.
Quant aux élections présidentielles de l'année prochaine, monsieur Labori ne voit aucune candidate vraiment éligible.
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