Etre ou ne pas être…journaliste

16/01/2005 20:25Todea Adriana-Diana
Être journaliste c’est un métier dangereux, car il est très exposé au risque de perdre des procès et son emploi, ou d’être battu dans la rue. Voici l etémoignage de Ino Ardelean.

                                                                 
Il y a des journalistes qui n'ont pas eu peur d'écrire la vérité sur des personnes puissantes et influentes, comme Ino Ardelean (journaliste à « L'Evénement du Jour ») qui a suivi le chemin opposé au mensonge, sans tenir compte des conséquences qu'il va supporter.


TYPO : Dans le contexte dans lequel on parle de la liberté de la presse, depuis 15 ans, après  la révolution roumaine, s'il vous plait, présentez l'événement que vous avez vécu et dites votre opinion sur la liberté de la presse.
Ino Ardelean :
Il est difficile de me rappeler maintenant, après un an, ce qu'il m'est arrivé. Donc, je suis parti de la rédaction, pour arriver plus tôt chez moi. A six heures le soir, l'hiver, dans un lieu sombre, retiré, j'ai été battu jusqu'à la perte de connaissance. J'ai appelé la police, mais jusqu'à présent, on n'a pas découvert le malfaiteur. Bien que j'aie mes soupçons, je n'ai pas de preuves. En ce qui concerne la liberté de la presse, il y a eu un changement brusque et bienfaisant après la révolution, car chaque journal a écrit n'importe quoi et n'importe comment. Bien sûr, il y a eu des journaux de droite et de gauche, qui ont été libres d'écrire leurs propres opinions. Après l'an 2000, la presse de la Roumanie a subi des pressions très grandes venues de la part du parti trouvé au pouvoir. La raison principale pour laquelle la presse roumaine vit grâce à la publicité d'Etat donné par le parti gouvernemental, ce qui empêche la presse de « vivre » de la vraie publicité des firmes privées. Ce parti, profitant de la pub, à l'aide d'autres mécanismes (par exemple, la nature des obligations) – il y a beaucoup de postes de télévision qui ont tiré profit d'un geste de la part du pouvoir qui a effacé leurs dettes, soutenant ce parti à leur tour – réussit à être médiatisé, ayant imprégner une présentation favorable. Les derniers 4 ans, la liberté de la presse s'est détériorée, à cause des contraintes économiques et des pressions à l'aide de la garde financière et de la police économique. Si l'on étudie les journaux importants, on constate que partout ont été faites des pressions de la part du pouvoir actuel pour limiter la liberté d'expression et pour empêcher l'apparition de certaines vérités dans la presse. Voilà la situation de la presse roumaine pendant ces quatre dernières années.

TYPO : Quels sont les idéaux accomplis après la révolution de 1989 ?
Ino Ardelean :
Je pourrais dire qu'il y avait assez d'idéaux réalisés, bien qu'on ne vive pas mieux. Pourtant, il y a une liberté à la parole et un système pluripartis qui fonctionne. Généralement, les idéaux économiques ne sont pas accomplis, mais on se contente de ce qu'on a.

TYPO : Quel message enverriez-vous à un jeune qui désire devenir journaliste ?
Ino Ardelean :
Premièrement, il faut avoir une dose de courage et de folie, et beaucoup d'entraînements de volonté, pour pouvoir dire « non » quand sa conscience le lui dicte. Un journaliste doit avoir des nerfs forts pour garder sa personnalité. Il faut qu'un jeune s'oppose et résiste aux pressions qui vont apparaître dans la vie de journaliste. D'après moi, les choses vont changer dans la presse roumaine quand des gens résolus apparaîtront pour faire leur métier dûment.

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