Esthétique corporelle

16/11/2005 10:25Hadrien Vincent
Issus pour la plupart de pratiques rituelles ancestrales mais aussi à la mode de certaines cours royales, le piercing et le tatouage ne sont plus aujourd'hui la plupart du temps que des envies esthétiques.

« C'était aussi une manière de me démarquer », explique Vanessa, 26 ans, percée au nez, au nombril, au cartilage et à la langue. « J'ai commencé par le nez parce que c'était quelque chose de très discret, continue-t-elle, et quand on commence on a du mal à s'arrêter. Ce qui est bien c'est que l'on peut choisir de le faire visible ou non ». Le développement de nombreuses boutiques de tatouage et de piercing permet d'avoir un plus grand choix dans les techniques et dans les bijoux. Si tout bon perceur se doit d'utiliser un cathéter à usage unique, des gants stériles, des pinces spécifiques et des bijoux stérilisés, et surtout pas un pistolet, tout le monde n'utilise pas forcément les mêmes méthodes et ne propose le même choix de bijoux. Actuellement tout le monde ou presque peut ouvrir sa boutique de piercing puisque qu'aucune réglementation n'encadre le métier. « Pour moi c'est très important de rencontrer le perceur avant, qu'il m'explique bien son travail, qu'il me montre son studio pour avoir une totale confiance », explique Pierric, 19 ans, percé à l'arcade et au cartilage. Le book montrant le travail du perceur doit pouvoir vous être accessible facilement, un livre d'or est un plus. Les prix sont extrêmement variables d'un studio à l'autre, une arcade est en général facturée (acte et bijoux médical) de 35 à 55 euros. Les nouveaux matériaux comme le téflon transparent permettent de rendre les piercing pratiquement invisibles. Plus de risque ainsi de rater un entretien d'embauche à cause de ses bijoux. « Je reçois vraiment tous types de clients de 16 à 45 ans et issus de toutes les classes sociales », explique Stéphane Legrand, 29 ans, perceur à Chalon sur Saône. « En général l'idée trotte dans la tête des clients depuis un moment mais le passage à l'acte est impulsif », continue-t-il.
La décision de se faire tatouer demande une plus grande réflexion. « J'ai choisi de me faire tatouer un dragon, c'est ‘mystique'», explique François, 28 ans, tout juste tatoué. « Je déconseille à mes clients mineurs de se faire tatouer, çe n'est pas un acte anodin», précise Stéphane. Tout acte de piercing ou de tatouage nécessite de signer une décharge et d'être majeur ou accompagné de ses parents. Si un mineur est percé ou tatoué sans le consentement de ses parents, le perceur est coupable de mutilation volontaire sur mineur et risque jusqu'à quinze ans de prison et 150 000 euros d'amende. Mieux vaut donc voir le studio, le book et discuter avec le perceur et /ou le tatoueur avant de signer une décharge qui est obligatoire. Il devra en outre bien vous expliquer les soins et vous proposer des produits adaptés à acheter chez lui ou en pharmacie et être disponible en cas d'éventuels problèmes.

Toutes les photos sont de Stéphane Legrand et proviennent du book d'Arte Corpuss à Chalon sur Saône.

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