Engagé un jour, engagé toujours ?

11/04/2003 15:53Eddy Petit
Il y a quelques années, le service prévention de la Mutualité française de Saône-et-Loire mettait en place des « relais sida » dans les lycées de Bourgogne : des lycéens, volontaires, étaient chargés de diffuser auprès de leurs camarades l’information sur la prévention de la maladie. Aujourd’hui l’opération est terminée, et la plupart de ces jeunes ont quitté l’école. Pour la plupart, leur engagement semble moins marqué aujourd’hui.


« A l’époque, plutôt que d’être spectateur j’ai voulu essayer de faire quelque chose » lance Rudy Baumgarten, relais sida pendant ses trois années de lycée, de 1996 à 1999. Aujourd’hui il a 22 ans et est technicien de laboratoire dans une fromagerie industrielle. Sur le plan personnel, il a beaucoup retiré de cette expérience : « Ça m’a permis de m’épanouir, de prendre la parole en public alors qu’au départ j’étais très réservé. »
Il y a également eu des moments marquants : « Des jeunes venaient se confier à nous et ce n’était pas toujours facile ! »
« C’était utile même si maintenant je n’ai plus le temps » conclut-il finalement. Il n’est pas le seul dans ce cas et propose son analyse : « Lorsqu’on commence à travailler, fatalement on privilégie sa carrière au début et on n'a plus de temps à consacrer à l’engagement. »

C’est ce genre de réponse que recueille Marc Pastor, responsable du service prévention à la Mutualité de Saône-et-Loire et chargé à l’époque de la formation des relais sida. Il mène un travail sur l’engagement et cherche à contacter les anciens relais sida : « Je cherche à savoir ce qu’ils sont devenus, ce que cette expérience leur a apporté et s’ils sont toujours engagés. » L’heure du bilan en quelque sorte.

Pour Aurore Thiebaud, le bilan semble plutôt positif. En seconde elle se rend à une petite réunion d’information car « après tout il valait mieux en savoir trop que pas assez » et répond à l’appel. Elle sera relais sida pendant toutes ses années de lycée. « L’engagement c’est un peu comme une passion ! Ça me donne l’impression d’apporter ma pierre à l’édifice. » Elle a le caractère qui va avec : « je suis toujours partante ! Pour n’importe quoi ! » dit-elle en rigolant. A 23 ans, elle poursuit ses études à Dijon dans un DEA sur… les droits de l’homme !
Ce qu’elle retient de cette expérience, c’est l’esprit dans lequel tout a été fait. « Marc Pastor a su nous intéresser, nous motiver. Il ne nous a pas demandé comme certains de rédiger une dissertation. Il savait rendre les choses ludiques, intéressantes et c’est ça qui a marché ! On  le faisait avec plaisir. Ce n’est pas incompatible. »

Elle comprend  très bien qu’on puisse manquer de temps pour s’engager : « Après les années lycée, on a besoin de gérer sa vie. » et elle tire la conclusion qui s’impose : « A plus forte raison, il faut en profiter au lycée. A ce moment on est exalté et on a le temps. C’est une période propice ! » Ce qui bien entendu ne veut pas dire que l’âge est une bonne excuse pour ne pas s’engager.

Si vous êtes un ancien relais sida, contactez :
prevention.mutualite71@wanadoo.fr
Marc Pastor 06.61.80.48.21

Le guide de l’engagement est toujours disponible chez les buralistes (prix : 3 €) et dans les lycées. Si vous avez « l’envie d’agir », il contient toutes les informations dont vous avez besoin. A voir également le site www.enviedagir.fr , pour tout savoir sur l’engagement.

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