Education vue du côté des Socialistes
18/11/2005 11:14Julien PelletierTypo
Le lycée, le collège, l'université : l'éducation tient une place importante dans les débats politiques. C'est donc tout naturellement que la question prend place dans les débats internes au Parti Socialiste.
Sur le plan financier, toutes les motions veulent rendre l'éducation accessible à tous les jeunes, quelle que soit leur situation sociale. La motion N°3 du Nouveau Parti Socialiste (NPS) aimerait offrir une allocation individualisée aux étudiants qui ont du mal à financer leurs études. Cette allocation permettrait aux jeunes de ne plus dépendre financièrement de leurs parents, et de ne pas avoir à exercer de petits boulots en marge des cours. Un principe d'autonomie qui est aussi prôné par la motion de François Hollande qui propose une augmentation du montant des bourses sur critères sociaux. La motion Utopia présentée par le courant éponyme demande aussi une revalorisation de cette aide financière pour que « la volonté d'engager des études ne soit pas limitée par le revenu ou la volonté des parents ».
« Casser les ghettos scolaires »
Les zones d'éducation prioritaires (ZEP), mises en place par le gouvernement Mitterrand en 1981, doivent aussi faire l'objet d'une réforme selon plusieurs motions. Le texte de Laurent Fabius et de Jean-Luc Mélenchon (Motion N°2) propose de réduire le nombre d'élèves dans les classes de ZEP. Une idée également formulée dans la motion N°1 de François Hollande. Cette dernière avance même un chiffre : 15 élèves par classes. Le NPS (motion N°5) propose au contraire de « casser les ghettos scolaires ». Le courant recommande de revoir la conception de la carte scolaire dans le but d'assurer une véritable mixité sociale à l'école.
Des quotas
Toujours dans le but d'offrir une chance à tous les jeunes, quel que soit leur milieu, la motion de François Hollande propose d'imposer des quotas par lycée dans les grandes écoles. La motion de Laurent Fabius suggère que 5% des bacheliers de chaque lycée puissent accéder aux classes prépa. Jean-Marie Bockel (motion N°4) recommande, dans la motion qu'il présente, d'établir un parallèle plus important entre les filières professionnelles et les filières générales. Les étudiants pourraient passer d'une filière à l'autre si leur choix initial s'avérait ne pas être le meilleur. L'idée de construire des passerelles est aussi avancée par la motion Utopia. Le texte propose un passage simplifié entre l'université et les grandes écoles.
Hormis ces grands thèmes, chacune des motions présentées avant le congrès du Mans proposait des idées plus précises. La motion de Laurent Fabius voudrait instaurer un système de bourses au mérite, le Nouveau Parti Socialiste demande le rétablissement des travaux pratiques encadrés (les TPE), François Hollande voudrait atteindre un objectif de 60% d'une classe d'âge avec un diplôme bac+3. Jean-Marie Bockel propose une personnalisation du parcours de chaque élève dès le collège. Le thème du handicap, n'est abordé que par la motion Utopia qui réclame des structures médico-scolaires publiques.
Des requêtes relativement détaillées sur lesquelles les représentants de chaque motion devront sûrement faire des concessions. Toutefois, à propos des grands thèmes les socialistes semblent vouloir aller dans une même direction : l'orientation du parti sur la question de l'éducation en sera d'autant plus claire.
5 motions, 5 courants
Motion N°1
: présentée par François Hollande intitulée « Volonté – Vérité - Unité » - 53,1% des suffrages
Motion N°2
: présentée par Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon intitulée « Rassembler à gauche » - 21,1% des suffrages
Motion N°3
: présentée par François Hollande intitulée « Utopia »
Motion N°4
: présentée par Jean-Marie Bockel intitulée « Vérité et action »
Motion N°5
: présentée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg intitulée « Pour une alternative socialiste » - 23,5% des suffrages
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