Don d’organes en Roumanie : noblesse spirituelle, mais condamnation de l’Église
10/01/2008 23:52Ciucur Bianca MariaTimisoara
Le don d’organes largement pratiqué en Europe, répond un problème très actuel : « comment sauver des vies avec d’autres vies ». En Roumanie, ce geste est peu répandu à la fois par des formalités administratives peu facilitantes et une opposition de l’Église orthodoxe.
En Europe, les familles qui ont des parents en mort cérébrale et refusent une greffe représentent 2 % du nombre total. Malheureusement, en Roumanie, elles représentent 60 %
L’année dernière, à l’Hôpital Clinique Départemental d’Urgence Timisoara une seule greffe a été réalisée et les 3 dernières années seulement 3 greffes ont eu lieu.
Malheureusement, même s’il y a des personnes qui donnent leur accord pour utiliser leurs organes après la mort, la loi en ce qui concerne la donation d’organes précise que, quel que soit le désir du patient pendant sa vie, la décision finale appartient aux parents de premier degré.
L’infirmier Daniel Ilincariu a affirmé que : “ Les discussions avec les parents d’un patient en mort cérébrale peuvent durer même des heures. On leur dit que le patient est mort et on leur demande s’ils donnent leur accord ou non avec le prélèvement des organes. Et le plus souvent ils disent non, en invoquant la religion, ils disent que le patient doit être enterré tel quel. »
D’un côté, il y a la désinformation des gens qui refusent d’accorder une chance aux autres personnes qui avec un seul Oui pourraient avoir leurs vies sauvées.En effet si les familles avaient su que leur parentdécédé était inscrit dans un registre de donneurs, parce que son désir était d’aider les personnes qui ont besoin d’une greffe, elles auraient peut-être accepté. Ou, si les prêtres confirmaient pendant la messe que l’Église était en accord avec le don d’organes et que ce n’est pas un pêché, il y aurait plus de donateurs.
De l’autre côté, il y a la méfiance des gens vis-à-vis du système médical roumain.Pour donner leur accord, les Roumains doivent s’inscrire dans un registre national unique de donneurs d’organes. À Timisoara, celui-ci se trouve à l’Hôpital Clinique Departemental. “Même si nous nous inscrivons et nous donnons notre accord au notaire, le document est nul, si les parents de premier degré refusent d’y consentir.” Affirme une journaliste qui milite pour un système européen dans ce domaine.
Timisoara fait partie des villes qui ont réalisé des greffes avec beaucoup de succès, dans certains cas, pour la 1re fois comme pour les reins.Heureusement - en dépit de son équipement bien vieilli parfois –, la médecine roumaine a des médecins célèbres : en 2000, Emil Constantinescu, ancien président du pays, a accordé de grandes distinctions à 9 professeurs médecins. En 2001, le médecin Margit Serban effectue dans le centre universitaire de Timisoara la première greffe médullaire.La greffe de cellules Stem a été effectuée la première fois en 2004 pour une affection du myocarde (professeurs et médecins Stefan Dragulescu et Virgil Paunescu – à l’institut de Cardiologie de Timisoara).
Mais la mentalité des Roumains n’a pas encore beaucoup évolué, nous devons faire des efforts pour changer cet état d’esprit, pour qu’au moins la jeune génération, aie un autre avis et accepte plus facilement que le don d’organe est un geste humain de solidarité qui pourrait sauver des milliers de vies, même quelqu’un de ta famille.
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