Déportation
Mission 2005 - le magazine sort officiellement le 26 janvier 2006. Il résulte de deux missions l'une à Neuengamme (avec l'ancien résistant déporté Sylvain Legal) et l'autre à Auschwitz (avec l'ancienne déportée juive Sara Montard).
Un 52 pages d'émotions, "d'histoires de ne pas oublier"
Un 52 pages d'émotions, "d'histoires de ne pas oublier"
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Si c'est femme...
17/01/2006 09:15Thibault Roy
15 avril 1945, Sara et sa mère sont libérées du camp de Bergen Belsen. 326 jours après avoir été arrêtées. Une éternité. Lorsque Sara arrive en France, elle pèse une quarantaine de kilos, elle a eu le typhus « comme cadeau d'anniversaire », elle a reçu la cervelle d'une jeune fille sur la figure, elle a été humiliée quotidiennement, elle a eu faim. Elle débarque avec sa mère dans une France libre mais écorchée vive et peu encline à reconnaître ces prisonniers si spéciaux. La réadaptation à la vie se fait difficilement. Sara va mettre près de quarante ans à rompre un silence encombrant.
Le quotidien de l'horreur
16/01/2006 16:33
24 mai 1944, Sara et sa mère sont arrêtées par les policiers français. De Drancy, camp français, elles sont transférées à Auschwitz-Birkenau en Pologne. Sara raconte le travail forcé, les humiliations, la recherche incessante de la nourriture, et surtout la peur d'être tuée par les nazis ou par les maladies. Effroyables souvenirs du quotidien de l'enfer, avant la marche de la mort.
Une vie heureuse avant la mort
13/01/2006 11:56Thibault Roy
Sara LICHTSZTEJN-Montard, 77 ans, a été déportée avec sa mère, à Auschwitz-Birkenau, le 24 mai 1944, à l'âge de 16 ans. Libérée du camp de Bergen-Belsen le 15 avril 1945, elle met plusieurs décennies à rompre le silence qui entoure sa détention. Aujourd'hui, elle témoigne dans les écoles pour transmettre la mémoire de la Shoah, lutter contre l'oubli, dépasser les préjugés idiots. Avant de nous accompagner à Auschwitz, elle a accepté de nous parler de ses parents, sa famille, sa vie avant la déportation. Une enfance heureuse, insouciante mais une enfance marquée par l'antisémitisme, la xénophobie simpliste et l'exclusion mortifiante. Une vie.
Concurrence mémorielle
13/01/2006 11:40Thibault Roy
Les Noirs ont également compté parmi les victimes de la déportation, mais l'évocation de ce thème, ou plutôt son absence d'évocation, amorce le délicat problème de la concurrence entre les victimes de l'Holocauste. Concurrence morbide qui s'est instaurée au fil des années et qui ne fait que renforcer les luttes entre les communautés. Maltraités, humiliés, assassinés, les prisonniers noirs le furent indubitablement. Pourtant, le meurtre des déportés de couleur par les nazis ne fit pas partie, comme pour les Juifs ou les Tziganes, d'une logique d'extermination de masse.
Un muet désespoir
12/01/2006 15:09Thibault Roy
Déporté à Auschwitz avec sa famille, en mars 1944, il est revenu des camps, avec seulement une de ses deux sœurs. André Kahn, à l’instar de Chimène dans Le Cid qui cherche « le silence et la nuit pour pleurer » éprouve des difficultés à raconter son expérience à ses proches. Préférant témoigner devant des gens qu’il ne connaît pas et dont il sait ne pas pouvoir les blesser. Il y a peu, il a ouvert une brèche dans son mutisme en acceptant d’accompagner ses enfants et petits-enfants à Auschwitz-Birkenau. C’était au mois d’août dernier. C’est à cette occasion que nous l’avons rencontré, alors que nous interviewions Sara à l’ombre de la porte du camp d’Auschwitz I.
REVISIONISME – NEGATIONISME, LE COUPLE INFERNAL
06/01/2006 16:40Thibault Roy
Le révisionnisme n'est pas une invention issue de la Seconde guerre mondiale. Il apparaît notamment au moment de l'affaire Dreyfus (au tournant du XIXe et du XXe siècle) dans la bouche de ceux qui voulaient « réviser » le procès du capitaine malheureux.
« NE CHERCHEZ PAS LA LOGIQUE, ICI... »
06/01/2006 16:33Thibault Roy
Lorsque le quidam lambda, fraîchement débarqué de l'aéroport Jean-Paul II de Cracovie – avec béret et baguette de pain tout de go – veut visiter le camp d'Auschwitz Birkenau, deux solutions se présentent à lui. La première est de déambuler seul, le long des baraquements, de pouffer nerveusement devant un alignement austère de latrines, de se faire photographier devant un mirador ou de se recueillir humble et silencieux. La seconde solution s'appelle Térésa Wrona. Guide francophone au musée, elle assure les visites d'étude depuis maintenant 9 ans.
LE CHANT DES DIGNES
06/01/2006 16:30Thibault Roy
C'est au « Café de la Danse » – une ancienne usine transformée en salle de spectacle au milieu des bars tapas branchés du quartier Bastille – que nous avons rencontré, pour la première fois, Sara. Elle jouait dans une pièce de théâtre intitulée Les Jonas et la Baleine, une libre transposition du récit biblique du (presque) même nom. Une métaphore scénique de l'oppression nazie à l'encontre du peuple juif. Un hymne à la tolérance et à la dignité face à l'asservissement et à l'oubli. Le tout était joué en yiddish, sous titré français, pour les novices.