De l'indifférence à la fascination
28/12/2002 02:27Elodie Raitière
Le mot “ Vietnam ” ne désignait pour moi, il y a encore quelques mois, qu'une destination lointaine, un vague pays asiatique qui a beaucoup fait parler de lui à Hollywood et où les gens sont zen, paraît-il.
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Il y a aussi une part d'irrationnel dans mon affection, toute récente, pour ce pays. Bien entendu, les verts tendres des rivières, les merveilleuse pagodes, la richesse architecturale et la gentillesse de la population décrits par les guides touristiques et les photographes professionnels sont authentiques, mais tout n’est pas si rose. On nous avait prévenus, le Vietnam est une dictature et les derniers rapports d'Amnesty International et de Reporters sans frontières sont plus qu'alarmants. J'ai pu le constater lorsqu'on m'a interrompue en pleine interview sur le système politique, en me disant que mon interlocuteur n'y connaissait rien et que seuls les officiels pourraient me renseigner.
Le mythe de la Rivière des parfums s'est un peu effrité quand, après avoir joué les touristes lors d'une visite sur un bateau orné de dragons, j'ai vu l'envers du décor en partant une matinée sur un sampan sanitaire.
Pourtant mon expérience du Vietnam ne peut se résumer à ces quelques “désenchantements ”. Ce pays et ses habitants m’ont surtout enseigné qu’il n’existe pas de mode de vie idéal : à l’autre bout de la planète, des jeunes sillonnent les rues de Hué à bicyclette, vouent un culte sincère à leurs ancêtres, et se délectent de littérature française… sans pour autant s’attrister de ne pas avoir le dernier jean à la mode.
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