De Babel il fait son miel
02/03/2007 14:47Elodie RAITIERE en collaboration avec Revati KULKARNI
Polyglotte autodidacte, Kishore Shevade, traducteur à Mumbai, explique sa passion dans un pays où l'on parle officiellement 22 langues.
Telugu, gujrati, tamil, kannada... Voilà quelques-unes des 12 langues indiennes que pratique couramment Kishore Shevade, 52 ans. Passionné et autodidacte, il bâtit petit à petit sa connaissance des idiomes à coup de notices d'appareils électroménagers plurilingues, d'émissions de radio, de journaux, et du moindre bout de papier en langue étrangère. Diplômé en littérature anglaise, il s'exprime aisément dans la langue de l'ex-colonisateur comme nombre de ses compatriotes urbains.
M. Shevade parle également le japonais, ce qu'il vous démontre en alignant un « Bonjour - Comment ça va ? - Comment vous appelez-vous ? » en nippon.
Cet enthousiasme pour les langues étrangères le tient depuis au moins 40 ans. «Quand j'avais 10 ans, je m'amusais déjà à essayer de lire les paquets de lessive dans toutes les langues » sourit-il derrière ses lunettes. Depuis 1978, il traduit pour l'Etat des documents d'assurance de différentes langues indiennes ou de l'anglais vers l'hindi, langue nationale du pays. Traduire des dossiers toute la journée ne suffit pas à assouvir son penchant polyglotte. « Je traduis aussi des chants patriotiques dans les différentes langues » s'enorgueillit le fonctionnaire.
Son grand voyage
M. Shevade apprend les langues pour les parler. En 1988, il a décidé de voyager un mois à travers l'Inde pour mettre son savoir en pratique. Du Nord au Sud du pays, en passant par la côte Est, « j'allais dans les marchés et je parlais aux gens. Juste pour le plaisir de communiquer dans la même langue » explique-t-il. Lorsqu'un Indien sort de sa région d'origine, il est rapidement dépaysé par le changement de langue et d'alphabet. Il doit alors mêler ses connaissances d'hindi et d'anglais pour se faire comprendre. « Quand on arrive dans un nouvel Etat, il n'y a pas d'interprète à votre disposition, il faut se débrouiller ! C'est plus difficile de négocier un taxi et de convaincre les commerçants quand on parle comme un étranger ».
M. Shevade reste assidu à son apprentissage des langues du monde. « Je n'ai pas encore appris toutes les langues indiennes mais celles dont l'alphabet est similaire au marathi (sa langue maternelle) m'intéressent moins. J'adore apprendre à lire des alphabets différents, comme le chinois et l'arabe que j'apprends actuellement » ajoute-t-il, enthousiaste. « Vous ne sauriez pas où je pourrais trouver un journal en chinois? »
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