Danse, vis, oublie...
07/03/2007 15:33Marion Avarguès
En Inde comme partout dans le monde, la parité est un combat de chaque instant. Dans ce contexte, la fête de Mangalagauri, entièrement dédiée aux femmes, apporte sa pierre à l'édifice.
Quand une Indienne se marie, on lui offre une statuette de la déesse Annapurna. Pendant cinq ans d'affilée, elle devra la prier pour souhaiter longue vie à son mari. C'est de cette tradition qu'est née la fête de Mangalagauri. Le soir du 15 août, jour de l'indépendance, cette cérémonie permet aux femmes, et rien qu'aux femmes, de s'amuser. En effet, la majorité se marient très jeunes et se consacrent exclusivement aux tâches ménagères et à leur travail de mère.
Le mariage marque ainsi une coupure radicale dans leur vie, le moment où elles doivent renoncer soudainement à cette part d'enfant qu'elles portaient en elles.
Lors du Mangalagauri, cette part d'enfance peut resurgir. Ce soir-là, les femmes laissent exploser leur spontanéité. Ce ne sont que danses et rires. Certaines se laissent même aller à se rouler sur le sol, tournoyant telles des toupies. L'heure de Cendrillon est passée depuis belle lurette, mais elles demeurent infatigables.
Trottant tout autour, quelques enfants combattent, tant bien que mal, leur épuisement. Un peu à l'écart de ce tableau, trône un autel. Le puja, rituel de vénération, se compose d'offrandes, et parfois, d'une statue représentant la divinité.
Bharati, directrice d'un jardin d'enfants, prend part aux réjouissances. Pour elle, l'égalité des sexes n'est pas acquise, loin de là, mais les progrès sont flagrants :
« La différence entre filles et garçons provient de la culture et de l'éducation, mais avant tout du mariage, explique-t-elle, car la condition de la femme dépend uniquement de ce qui se passera ensuite. »
L'inégalité des sexes est plus marquée en campagne qu'en ville, du fait des traditions et du conservatisme. Toutefois, les femmes commencent à pénétrer dans tous les domaines. Mais, dans certains, les contrastes restent encore énormes : « À Mumbai, précise Bharati, seules deux femmes sont cheminots. »
Enfin, il est temps de dormir. Des couches sont déroulées à même le sol, côte à côte. La fête est finie, le combat continue.
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