D'Aix-en-Provence à Hué
28/12/2002 02:27Eddy Petit
Les rêves de Jeff, boulanger de la mousson
A 21 ans, Jean-François Lefebvre commençait à s’ennuyer dans son travail de vendeur dans un magasin de sport. Alors, à l’automne dernier, il a voulu changer d’air. Et n’a pas hésité à quitter son pays, ses amis, et un emploi
stable, pour partir au Vietnam.
Depuis trois mois, il y travaille bénévolement pour une association humanitaire qui forme des enfants des rues au métier de boulanger. Typo a rencontré près du pétrin ce jeune adepte de randonnée, de voyages et de musique, qui n’hésite pas à vivre ses rêves... et mettre la main à la pâte.
« Lorsque j’ai annoncé à mes parents que je voulais partir pour le Vietnam, ils n’étaient pas très chauds », se souvient Jean-François. « Mais je les ai rassurés, j’ai insisté : tant qu’on est jeune et en bonne santé, il ne faut pas hésiter à vivre sa vie au maximum ! »
De fait, après son bac STT gestion compta à Aix-en-Provence, Jeff n’avait pas de projet bien précis pour « vive au maximum ». Un moment, il a même songé à devenir gendarme, a réussi le concours, mais n’a pas persisté dans cette voie. « L’ambiance générale ne me plaisait pas », précise-t-il.
Comme il n’aime pas « rester les bras croisés », il se frotte alors aux réalités du monde du travail, fait toutes sortes de boulots en intérim, pendant six mois, avant de se stabiliser et de devenir vendeur de vêtements de sport. « C’était sympa, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas transcendant ».
Le jeune homme commence alors à réfléchir sérieusement à l’humanitaire. « Je me suis dit : pourquoi pas moi ? Mon objectif était double, aider les personnes dans le besoin tout en découvrant de nouveaux pays. J’ai pensé au Vietnam, peut-être en raison de son passé douloureux et des liens que nous, Français, avions avec ce pays, même si ça n’a pas été toujours très rose ».
Aujourd’hui, Jeff s’avoue très heureux d’avoir fait le grand saut, même s’il est bénévole et que ses dépenses ne sont pas prises en charge. « L’important c’est que j’ai découvert une culture très différente, qui a conservé des valeurs un peu oubliées chez nous, comme la place laissée aux anciens dans la famille », témoigne-t-il. « C’est un pays qui d’un côté est dans l’air du temps, avec Internet, et qui de l’autre a beaucoup de retard, notamment les conditions d’hygiènes ou la place de la femme dans la société ».
Le jeune homme, qui compte bien prendre quelques semaines pour visiter d’autres régions du Vietnam, songe déjà à faire un crochet par l’Inde avant de regagner l’Europe. « J’ai un ami là-bas, alors pourquoi pas ? Même avec peu de moyens, on a souvent la possibilité de s’engager dans la direction que l’on souhaite. Chacun se construit son avenir ».
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