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Course contre la montre
11/09/2006 16:25Marion Avarguès
Sans réseau ferroviaire, Mumbai n'existerait pas. Car, sans train, le mouvement, le dynamisme disparaîtrait. Sans train, c'est au cœur que la cité serait touchée, dans son essence même.
Dans la gare de Churchgate, il est tout juste 8 heures, mais déjà, ils sont des centaines à affluer sous terre. La plupart, comme assoiffée, se hâte. Sans ménages, elle piétine la boue qui jonche le sol. La foule vrombit et bourdonne, bouillonnante. On dirait une colonie de fourmis partie en guerre. Le vacarme est assourdissant, presque insupportable. Et pourtant, c'est ici, et nulle part ailleurs, que Mumbai devient vivante.
Sur le quai, la concentration s'intensifie de minute en minute. La masse se presse et se compresse, impatiente et presque avide. L'horloge, tout en haut, ne fait que rythmer cette frénésie. Pire, car ce qu'elle hurle, seconde après seconde, c'est le temps qui fuit. Et, plus ses aiguilles progressent sur le cadran, plus la foule s'agite.
Enfin, le train émerge de la brume, encore lointain. Mais déjà, ceux qui attendent se mettent à courir en tous sens, déments. Le train se rapproche... ça y est, il est tout proche. Son ralentissement s'enclenche à peine que les hommes bondissent. Ce qu'ils veulent ? Avoir une place, coûte que coûte. C'est la ruée générale, et ceux qui sont trop lents doivent rester debout, compactés les uns aux autres, accrochés aux poignées.
Le train s'arrête, puis repart. Cahotant de-ci, de-là, il ballotte ses passagers. Assis, on tressaute, Debout, on trébuche. Dans certains wagons, quelques habitués se regroupent. Les petits-déjeuners sont distribués entre amis, et même au-delà. Les langues se dénouent et le babillage explose. Le sourire prend vie. On est loin, très loin, du métro parisien.
Le train, ici, c'est vital. Toujours bondé, il est le fil conducteur de Mumbai. Sans lui, ce serait le chaos.
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