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Coraline : la guerre des boutons
23/06/2009 06:45
Conte noir réalisé par l'auteur de l'Étrange Noël de M.Jack,Coraline est un habile film d'animation old-school. Beau et captivant.
Coraline : la guerre des boutons
Conte noir réalisé par l'auteur de l'Étrange Noël de M.Jack,Coraline est un habile film d'animation old-school. Beau et captivant.
L'ambiance n'est pas tout à fait étrangère à un certain l'Étrange noël de M. Jack. Pour cause, l'homme responsable de ce Coraline n'est autre qu'Henry Selick. L'américain est souvent relégué au second plan face au travail de Tim Burton. Pourtant, le véritable maître d'orfèvre des aventures du squelette, c'est Selick. Coraline s'ouvre justement sur un clin d'œil burtonnien, avec d'étranges pinces à la Edward aux mains d'Argent concoctant une étrange peluche avec des boutons sur les yeux.
Adaptation d'un roman de Neil Gaiman, ce film d'animation raconte l'ennui d'une gamine, fraîchement emménagée dans un grand manoir. Délaissée par des parents trop occupés, elle découvre un merveilleux monde parallèle, où son Autre Mère cuisine de bons petits plats, son Autre Père joue avec elle, où elle est couverte de cadeaux et de douceurs familiales. Mais chose étrange, les protagonistes de ce nouveau monde ont des boutons à la place des yeux, tel les Grecs mettaient des pièces sur les yeux de leurs défunts. Car si la première partie de Coraline se veut onirique, le rêve tourne au cauchemar. À la manière d'Alice au pays des merveilles, ce qui apparaît superbe et acidulé comme un bonbon arlequin se révèle être un jeu dangereux tel la carie pour une dent. Pour ne pas tomber dans un contraste d'ambiance trop flagrant entre ces 2 parties distinctes du scénario, Selick et ses nombreux collaborateurs ont joué fin. Ce monde incroyable et doux distille un côté inquiétant, comme si c'était trop beau pour être vrai. A contrario, le cauchemar ambiant se révèle tout de même poétique. Un peu comme le Ying et le Yang recèlent une part de leur inverse en eux.
Mais le tour de force de ce Coraline est surtout sa mise en scène. Tout le côté rafraîchissant réside paradoxalement dans sa méthode de réalisation old-school. Fait avec le bon vieux système de l’image par image, il est impressionnant de constater le travail pointu de toute l'équipe de tournage. Le tournage fut long mais voici un résultat probant. Les scènes dans le jardin ou celle des souris sauteuses impressionnent au plus haut point. Plus coloré esthétiquement que L'Étrange noël…, l'univers est plus effrayant. Le spectateur est véritablement embarqué dans cette fable pas qu'enfantine. Face à son auguste prédécesseur, dans le cœur du public, la jeune fille pourrait ne souffrir que d'un manque (très relatif) de personnages aussi charismatiques que les Jack Skellington et consœurs. Encore que… À quand les tasses et poupées Coraline ?
Alexandre Mathis
Coraline, d'Henry Selick, avec les voix de Dakota Fanning, Teri Hatcher, Jennifer Saunders (U.S.A., 1h40, 2009)




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