Contre les violences conjugales, la solidarité.

13/07/2006 10:42MihaïTypo Roumanie Chalon sur Saône
Les femmes victimes de violences conjugales doivent aussi se battre pour faire reconnaître leurs droits. Viviane Monnier, déléguée nationale de « Solidarité Femmes », présente quelques mesures qu'elle voudrait faire adopter par la justice française.

« Dans le dispositif pénal il manque les circonstances aggravantes pour les ex-partenaires. Quand il y a harcèlement par exemple, si l'auteur est un conjoint ou un concubin, c'est un délit, pas si c'est un ex. Les recours ne sont alors pas suffisamment forts pour faire peur à l'agresseur. Les auteurs de violences deviennent de plus en plus dangereux à partir de la rupture du couple. On sait que c'est à ce moment-là que certains tuent, parce qu'ils ne peuvent pas supporter que leur victime leur échappe. Or, les faits qui précèdent peuvent passer pour anodins aux yeux de la loi. L'autre point important c'est le logement. On voudrait que les femmes, avec leurs enfants, puissent conserver leur logement, et que l'agresseur soit mis dans l'impossibilité d'approcher sa victime.
Par ailleurs, pour entamer une procédure juridique, il faut des éléments de preuve, et celle qui est essentiellement retenue en France, c'est le certificat médical. Pour en obtenir un, il faut qu'il y ait des traces physiques, car les violences psychologiques ne sont pas toujours constatées dans le certificat médical. De plus, il faut rencontrer un médecin qui sait établir ce constat, qui ne pense pas que la production d'un certificat médical le fait devenir un auxiliaire de la justice. Il faut aussi rencontrer un policier ou un gendarme qui va enregistrer la plainte. » « Il y a toute une chaîne, si un des maillons est manquant ou défaillant, c'est très difficile pour la victime », affirme Viviane Monnier.

Les structures d'accueil sont insuffisantes.

En France, le réseau des abris spécialisés regroupe une cinquantaine d'associations, mais il existe d'autres centres d'hébergement non spécialisés dans la violence conjugale qui accueillent des femmes en difficulté. Ces structures sont financées sur des budgets de l'action sociale, qui concerne des publics défavorisés. Or la violence conjugale concerne tous les milieux, aisés ou défavorisés, et toutes les victimes, quel que soit leur milieu social, peuvent avoir besoin de se mettre à l'abri de la violence d'un partenaire. Depuis une dizaine d'années, quelques articles de presse, des émissions de télé ou de radio, ont fait savoir aux femmes victimes de violences qu'elles n'étaient pas seules dans leur cas, qu'il s'agissait d'un problème de société. Mais l'information reste dépendante de la volonté des associations, et de quelques médias. Il n'y a pas en France de campagne forte, à grande échelle, constante, contre les violences faites aux femmes. En août 1999, Elisabeth Guigou et Nicole Péry ont décidé la création d'un groupe interministériel de travail sur les violences conjugales. Enfin la justice s'empare de ce problème ! Ce groupe est chargé de faire un point sur la législation et les pratiques en France, de les comparer avec celles des autres pays européens, puis d'établir des propositions. Viviane Monnier souhaite que les conséquences des violences sur les femmes deviennent un problème de santé publique. Dans cet objectif, en partenariat avec la Fédération Nationale Solidarité Femmes, l'Institut de l'Humanitaire a déposé un dossier dans le cadre du projet « Daphné » de la Commission Européenne. Il prévoit la réalisation d'un site Internet pour les professionnels de santé. « Par la suite, nous souhaiterions développer un réseau sentinelle de médecins. Ensemble nous avons également interpellé la ministre de la Santé, pour que la violence à l'encontre des femmes et ses conséquences soient intégrées dans les formations médicales ! », conclut-elle.

« Solidarité Femmes »
Dès les années 1970, un mouvement féministe de solidarité avec les femmes victimes de violences conjugales est lancé à travers le monde occidental... Des lieux d'accueil s'ouvrent. En France, une première rencontre des groupes a lieu en 1977. La coordination s'organise. Le mouvement se transforme en Fédération Nationale " Solidarité Femmes " en 1987. La reconnaissance publique d'une longue pratique de terrain vient au début des années 1990, du côté des partenaires officiels comme des professionnels. Elle débouche sur des partenariats dont les axes principaux sont sensibilisation du public, information des victimes, formation des professionnels concernés

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