Comment vivre dans un monde qui ne vous comprend pas ?
06/02/2006 16:23Marion AvarguèsChalon sur Saône
Un enfant handicapé qui survient dans un couple, c'est la vie qui chavire. Pourtant, c'est le regard d'autrui qui se charge de détruire le rêve.
Une personne handicapée est une personne à qui il manque un sens, un membre ou certaines facultés physiques ou mentales. Mais c'est avant tout une personne comme les autres. Ses souffrances ne sont pas estompées, elles s'expriment simplement d'une façon différente. Aujourd'hui, l'exil des handicapés, au sein d'une société qui se dit égalitaire, est plus visible que jamais. Quand voit-on aujourd'hui des handicapés profonds ? Ils sont enfermés dans des institutions ou cloîtrés chez leurs parents, bien à l'abri du regard. Pourtant, les personnes handicapées et non handicapées doivent se côtoyer pour apprendre à se connaître, car le vrai danger, c'est la peur. Or, autrefois, les handicapés avaient leur place dans le village. Ainsi, ils avaient l'occasion de se frotter à la communauté. Cette possibilité a disparu. En effet, un handicapé, ça ne sert à rien dans une société où tout doit être utile. Mais pourquoi ne pas considérer le simple fait d'être en vie comme la plus suprême des qualités ? La valeur de l'handicapé, c'est la valeur de la vie pour elle-même, la vie dans l'Humanité. Les handicapés ne trouveront leur place que si tout le monde participe à leur intégration. Comment cela se manifeste-t-il ? Avant tout par du respect au quotidien. Par exemple, les places réservées sur les parkings, le fait de s'adresser à l'handicapé et non à celui qui l'accompagne. Tout cela nous concerne. Nous avons besoin de changer nos mentalités et le regard que nous portons sur eux. Nous devons prendre conscience que si les personnes handicapées sont vulnérables, elles sont riches humainement. C'est ce que nous dit Saint-Paul : « c'est quand je suis faible que je suis fort ».
Discrimination positive
L'insertion professionnelle des personnes handicapées leur garantit l'autonomie financière et la participation active à la vie de la collectivité. Néanmoins, la discrimination positive, c'est l'aveu d'un échec, car cela prouve qu'il y a un manque d'égalité. On doit obliger les entreprises à embaucher contre leur gré. Au contraire, les handicapés devraient être accueillis spontanément. Le risque est de donner l'impression aux personnes qui font l'objet de ces discriminations positives qu'elles ne réussissent pas par leurs talents. Quand on sait qu'une personne atteinte de maladie génétique ne peut accéder à une propriété, parce qu'elle ne peut assurer ses prêts, on voit qu'il reste du chemin à parcourir.
Le problème, direz-vous, c'est qu'il est impossible de comprendre ce que les handicapés supportent au jour le jour. Dans ce cas, mettez-vous à leur place. Imaginez une société qui vous échappe, et à laquelle vous n'avez pas accès : une écriture en braille, des rues inaccessibles aux piétons, mais uniquement arpentées de rails pour les fauteuils roulants, une langue illogique et absurde... Un monde qui ne vous comprend pas, qui détourne les yeux à votre venue ou qui vous dévore du regard comme si vous étiez un aliéné. En bref, une société où vous n'avez pas votre place.
Alors, à quand un président aveugle ?
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