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Comme à l’intérieur d’un rêve
23/07/2011 09:03Esteban LopezChalon sur Saône
Perchés dans leurs arbres, installés pour l’occasion au parc des expositions, les souffleurs commandos poétiques chuchotent à l’oreille des passants. Dans un univers noir ou le silence règne, l’imaginaire est roi dans leur spectacle « Forêt sensible ».
C’est le genre de spectacle déroutant où rien n’est expliqué à l’avance, où le spectateur se retrouve face à lui-même. Lorsque la file de visiteurs attend patiemment devant la petite porte du parc des expositions ce vendredi 22 juillet, elle ne sait surement pas quelle étonnante et magique représentation l’attend à l’intérieur. Au sol, un fil bleu fluorescent s’engouffre dans le bâtiment, il ne reste plus qu’à le suivre. « Attention pas de flash » prévient une assistante aux journalistes, nombreux pour la première des Souffleurs commandos poétiques. Pour déployer toutes ses forces, le spectacle doit se dérouler dans le noir total.
Bienvenue dans le monde des rêves
Le spectacle se déroule en deux temps. Les visiteurs progressent d’abord le long de ce grand fil bleu au sol jusqu’à arriver dans une salle au milieu de laquelle se tiennent des miroirs. Au centre de ceux-ci, des textes à déchiffrer. Bien étranges ces phrases qui se collent et qui à première vue. Il faut alors ouvrir son imagination, ouvrir son esprit, se laisser aller. Et enfin, avancer, toujours en suivant ce fil bleu au sol, seul repère fiable de ce spectacle ? C’est enfin au plein cœur d’un parc des expositions inhabituellement vide qui se déroule la suite. Malgré l’obscurité, l’immensité de la pièce est palpable. Au centre de la salle se dressent de grands piliers avec, au-dessus de chacun d’eux un personnage, un long tube bleu fluorescent dans les mains qu’ils manient tels des branches d’arbres au milieu d’une forêt. Arrivé au centre de l’installation, le spectateur est entre un sentiment d’émerveillement et de perplexité. La musique le beigne dans un autre univers. Que faut-il faire ? Quoi attendre ? Bientôt un spectateur ose, saisit un des tubes bleus qui se balade, la porte à son oreille. Ses voisins le suivent. Voilà le secret de Forêt sensible. Ecouter les chuchotements des artistes. Des extraits de poèmes, des citations. S’immerger dans un autre monde, celui de l’imaginaire. Rien n’est fixé tout dépend de l’envie des artistes qui puisent dans leur réserve quasi inépuisable de culture. « Nous sommes comme un l’intérieur d’un rêve » lance une jeune fille au milieu des feuilles mortes qui jonchent le sol. « La sortie se fait d’elle-même. Il n’y a pas de durée, c’est la nuit c’est tout » explique le directeur artistique, Olivier Comte.
Un monde à imaginer, à vivre voilà ce que proposent les Souffleurs commandos poétiques à travers leur spectacle Forêt sensible. Un voyage loin des problèmes où chacun écoute et s’écoute, un havre de paix qui laisse sans voix
Photos par Clément Vernay
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