Chalon et Aurillac, « les deux frères ».

29/07/2010 10:48Esteban LopezChalon dans la Rue

Le festival des arts de rues d'Aurillac va fêter son 25e anniversaire (18 au 21 août). Un an de plus que Chalon dans la rue. Aujourd'hui, ces deux festivals sont les plus réputés en France. Quelles sont leurs différences ? Leurs points communs ? Typo a voulu faire le point.

Deux festivals internationaux, deux villes, deux manières de fonctionner qui divergent parfois ou se rejoignent. Chalon dans la rue et Aurillac représentent à eux deux les rendez-vous incontournables des artistes de rues et du public. Les deux directeurs artistiques, Pedro Garcia pour Chalon et Jean-Marie Songy pour Aurillac s'accordent à définir les deux festivals comme « complémentaires ». Anne Lacombe, chargée de communication pour le festival d'Aurillac complète « il n'y a pas assez de vitrines des arts de la rue aujourd'hui pour se permettre une concurrence ».

Deux manières de faire

Daniel Duroy, chanteur...dans le Off du OffÀ la différence de Chalon qui programme entièrement les représentations dîtes du In, c'est-à-dire les troupes qui perçoivent un cachet, et du Off, le festival d'Aurillac se veut plus libre d'accès, et ce, depuis sa création il y a 25 ans. « Je me vois mal dire non à un artiste qui veut venir jouer, montrer son travail au public » confie Jean-Marie Songy. C'est pourquoi, les troupes dîtes de passage à Aurillac seront au nombre de 500 cette année, contre 150 pour Chalon. A Chalon, en plus des In et off programmés par le Festival, peuvent se produire, de leur propre initiative, sans assistance particulière,  des artistes souvent seuls, jongleurs, chanteurs... dans le Off du off. Artistes qui amènent de l'animation dans les rues et trouvent leur public qui les finance.

Pour les programmations, « Aurillac édite chaque jour un programme », explique Anne Lacombe. Pour Chalon, c'est le Journal de Saône et Loire qui est chargé de cette mission, informer chaque jour le public des horaires et lieux des spectacles à travers la ville.

Des artistes chouchoutés

Que ce soit à Aurillac ou à Chalon, le point d'honneur est mis sur l'accueil des compagnies et du public évidemment, l'objectif reste de leur faciliter la tâche pendant une semaine de festival. Tout est pensé. Hôtels, gîtes, logement directement dans les familles pour Chalon. Une organisation pointue pas toujours facile à mener à Aurillac confie Anne Lacombe. « La région d'Aurillac dispose de moins de structures d'accueil et d'un point de vue géographique, elle est moins facile d'accès ». Cependant, régisseurs, techniciens, agents d'accueil sont mis à disposition de toutes les compagnies, et ce, pour les deux festivals.

Malgré les divergences, les deux festivals se rejoignent en un point primordial. « Les deux frères » restent les meilleures « vitrines » dans le domaine des arts de rue en France. Jouer tout en prenant du plaisir et en en donnant, voir leur public, se faire remarquer par les professionnels. Tels sont les objectifs des « artisans de la culture » comme se définissent eux-mêmes les artistes de la rue. « Une vraie confrérie » explique Cécile Bernot, comédienne, qui mènera cette passion encore longtemps, et ce, avec ou sans organisation. Après tout, l'histoire des arts de la rue a commencé dès l'antiquité...

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