Bref récit d’un kidnapping

09/06/2005 10:50Marghiloman Paula, 16 ans
La libération des trois journalistes roumains et de l’accompagnateur arabe constitue seulement un épisode dans la crise des ôtages roumains. Leur libération ne boucle pas le dossier car un essaim de questions nous restent.

Le 28 mars 2005, par un SMS envoyé à la rédaction de la télévision Prima TV, la journaliste Marie- Jeanne Ion annonce qu'elle a été enlevée avec le cameraman Sorin Miscoci, le journaliste Ovidiu Ohanesian et Mohamed Munaf, leur accompagnateur, un Irakien avec de la citoyenneté américaine aussi. La nouvelle coïncide avec le retour du président de la Roumanie Traian Basescu, d'une courte et discrète visite en Irak.


         Les premières images transmises par la télévision Al- Jazhira, du Qatar surprennent par leur clarté et par des éléments différents des images similaires : le décor, l'aspect des ravisseurs, même les tapis qui couvrent le mur sont differents.
Peu de temps après, la cassette diffusée, les photos d'identification de ceux qui ont été enlevés apparaissent aussi, transmises par l'agence Reuters.


        En Roumanie, des événements liés à l'enlèvement se produisent : l'homme d'affaires arabe Omar Haisam annonce qu'il a reçu des demandes de rancon ; puis, il s'avère que l'accompagnateur des journalistes, Mohamed Munaf  a des liaisons avec Omar Haisam ; l'administration roumaine annonce l'arrestation d' Omar Haisam pour la liaison de celui-ci avec les ravisseurs.
La Présidence Roumaine annonce que la cellule de crise constituée au Palais Cotroceni doit être laissée en paix pour travailler et pour résoudre les problèmes ; les médias ont reçu peu de nouvelles de la cellule de crise, étant priés de ne pas péricliter le succès des opérations.


         Le point culminant, du point de vue émotionnel, a été l'apparition télévisée des ôtages, qui, dans des images sombres et vagues, suppliaient le peuple roumain de se manifester pour le recul de l'armée roumaine d'Irak. Sorin Miscoci et Mohamed Munaf étaient habillés en orange, la couleur qui annonce la mort, selon les Arabes.
Ces images ont produit, à part une vive émotion parmi la population, un esprit de solidarité qui a été manifesté envers les familles des enlevés, mais envers les autorités roumaines aussi.
Dès le déclanchement de la crise, des actions ont existé pour appuyer les otages de la part : du Conseil des Musulmans en Roumanie, des autorités administratives et religieuses d'Irak et d'autres pays arabes et même de la télévision Al-Jazhira.


         Après l'ultimatum donné par les terroristes, un nouvel intervalle de silence pendant que les autorités roumaines ont soutenu qu'elles continuaient les négociations avec les ravisseurs, mais que celles–ci sont difficiles à cause de la situation de l'Irak.
Le 22 mai 2005, le président Traian Basescu  a annoncé la libération des otages, grâce aux actions des services secrets de Roumanie. De l'autre coté la communauté arabe de Roumanie soutient que cette libération est due à un échange de prisonniers et à l'action des autorités irakiennes. Le poste de télévision Al- Jazhira a transmis, également,  des informations qui suggèrent que les ravisseurs ont décidé de libérer les journalistes a la demande du clergé d'Irak.
Le 23 mai, les trois journalistes roumaines sont arrivés en Roumanie au bord d'un avion militaire, leur accompagnateur ayant été retenu par les autorités américaines d'Irak.


         Comme chaque action de ce genre, le kidnapping des trois journalistes contient des éléments obscures.
A-t-il été un véritable enlevement ? Seulement un coup monté ? Un jeu médiatique ? Un conflit d'intérêts ? Peut-être on l'apprendra, peut-être non. Un des aspects positifs de cet événement reste la solidarité humaine.

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