Bonne fête EDVIGE !
21/10/2008 06:15François Henrard
Jeudi 16 octobre à 18 heures devant la sous-préfecture de Chalon-sur-Saône, la LDH (Ligue des Droits de l'Homme) a rassemblé 70 personnes environ pour manifester contre le fichier EDVIGE à l'occasion de la sainte Edwige.
Beaucoup de participants s'avouent déçus par le manque de réaction face à ce texte qui touche une grande partie de la population (voir encart « les dessous d'EdVIGE »). Mais Yannick Chenevoy, membre de la LDH et co-organisateur du rassemblement avec Aline Mathus Janet, rappelle que le but n'était pas d'avoir un rassemblement centralisé et de masse, mais une multitude de rassemblements localisés, pour qu'on en parle partout, dans toute la France, pour avoir le sentiment d'une mobilisation générale. C'est ce qui s'est passé toute la journée dans plus de 50 départements, même dans la région avec un rassemblement à Dijon. Le motif de la venue de la plupart des participants est le plus souvent la peur, peur d'une utilisation de ce fichier à des fins malhonnêtes, « comme l'a déjà montré l'histoire », souligne Simon, lycéen. Pour une enseignante, « les personnes qui ont une vie peu conformiste et qui l'assument avec courage vont devenir des cibles avec ce fichier ». Yannick Chenevoy précise « Bien sûr, que la police ait des instruments pour pouvoir retrouver des criminels, nous sommes d'accord, mais avec ce fichier cela va bien au-delà que de recenser les gens qui ont commis un délit, et là pour nous, c'est danger ! ». Il relève plus loin l'absurdité du maintien du droit à l'oubli pour les mineurs en disant « droit à l'oubli, d'accord ! Mais sur un délit non commis, cela n'a pas de sens ! » Le sous-préfet Jean-Noël Humbert a reçu, pendant le rassemblement, les représentants de la Ligue. Sollicité, il n’avait pas le temps de répondre à nos questions lors de notre demande. Pour pouvoir organiser des actions plus importantes sur Chalon par exemple une manifestation, la LDH envisage de créer dans les jours qui viennent un collectif anti-EDVIGE à Chalon-sur-Saône. Mais, à côté de ce fichier très médiatisé, Yannick Chenevoy nous rappelle l'existence de CRISTINA (Centralisation du Renseignement Intérieur pour la Sécurité du Territoire et les Intérêts Nationaux), beaucoup moins connu qui va servir à la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur). CRISTINA est une sorte de mélange de la section de contre-espionnage et des renseignements généraux. Ce fichier ressemble comme deux gouttes d'eau à EDVIGE, mais il est classé secret défense et a pour but principal le contre-terrorisme et le contre-espionnage.
Une question se pose désormais : Qu'adviendra-t-il du fichier EDVIGE et de sa nouvelle version EDVIRPS ? Tout dépend de la réponse du Conseil d’État, de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) et surtout du gouvernement. Ce dernier va-t-il prend en compte les revendications multiples des Français ? Les protestations sont-elles assez fortes pour le faire changer d’avis ? Tout, ou presque, est donc maintenant dans les mains des citoyens.
En savoir plus, le site des antiEdvige : http://nonaedvige.ras.eu.org/
Site de la CNIL (position par rapport à EDVIGE): www.cnil.fr/index.php?id=2488
EDVIGE (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale), est le nouveau fichier étatique, mis en place à partir du 1er juillet 2008 qui remplace celui des Renseignements Généraux. Contrairementà ce dernier, EDVIGE permettait, non seulement de recenser toute personne ayant un rôle dans des syndicats, des associations dans le domaine politique ou encore religieux, mais également de répertorier tout mineur à partir de 13 ans, et ce, sous simple présomption d'un délit.
Dans la nouvelle version, rebaptisée EDVIRPS, ou pour garder le prénom, EdVIGE 2, l’orientation sexuelle et les problèmes de santé des personnes fichées ne sont plus mentionnés.
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