Bienfaisance pour les orphelins de Marrakech
07/07/2008 12:00Elsa Marchand
L’association de Bienfaisance est située dans l’ancienne ville, loin de la Médina et des touristes. Elle offre un cadre spacieux, vert et agréable à ses pensionnaires. L’orphelinat aide aujourd’hui près de 410 personnes de 4 à 28 ans, principalement des enfants. Mais seuls les plus démunis sont accueillis en permanence dans « la maison », ainsi que les salariés et bénévoles de l’orphelinat l’appellent.
L’orphelinat de Marrakech a été créé en 1934, à l’initiative de nobles bienfaiteurs menés par le roi disparu Mohamed V. Inspirée par les traditions marocaines et musulmanes, l’association de Bienfaisance vient en aide aux enfants dépourvus de soutien familial.
L’orphelinat de Marrakech a été créé en 1934, à l’initiative de nobles bienfaiteurs menés par le roi disparu Mohamed V. Inspirée par les traditions marocaines et musulmanes, l’association de Bienfaisance vient en aide aux enfants dépourvus de soutien familial. Pour leur offrir une jeunesse comme les autres, le personnel de l’orphelinat ne ménage pas ses efforts.
L’orphelinat, une grande famille bénévole
L’association s’occupe de quatre sortes de cas : les orphelins de père et de mère, les orphelins d’un seul parent et dont l’autre est pauvre, les enfants nés de parents inconnus et enfin les enfants placés sur ordre du procureur du roi, lorsque leurs parents sont en prison.
Bienfaisance, appelée aussi Maison de l’enfant Dar-tifl, est l’unique orphelinat de Marrakech. « Les orphelins sont souvent accueillis dès leur petite enfance, vers 5 ans et grandissent dans l’association », explique Abdellatif Imazzif, secrétaire général.
« Nous sommes leur famille jusqu’à ce qu’ils aient l’âge de partir, ajoute-t-il. La religion musulmane interdit l’adoption permanente, c’est haram ! (NDLR : Interdit par Dieu). » Les jeunes restent donc à Bienfaisance jusqu’à ce qu’ils puissent s’assumer financièrement.
Pour les plus petits, l’association a mis en place un système de « maman de substitution » : un petit groupe d’enfants est affecté à une « maman » de l’association, qui subviendra à tous leurs besoins. De plus, pour les pensionnaires permanents, un médecin généraliste s’occupe bénévolement des soins. Il est en contact avec les spécialistes de la ville si un cas nécessitant une consultation spécialisée survient. Un cabinet dentaire est également installé dans la cour de la Maison, dans lequel les dentistes marrakchis consacrent deux heures de leur temps à tour de rôle.
Un encadrement scolaire et extrascolaire
L'orphelinat est leur famille jusqu’à ce qu’ils aient l’âge de partir. La religion musulmane interdit l’adoption permanente,
L’orphelinat souhaite en priorité que tous les enfants soient scolarisés. L’emplacement de l’association le permet parfaitement, les établissements répondant à tous les niveaux étant à deux pas. De plus, Abderrahim Ben Chykh, le responsable éducatif de l’association, est là pour aider les enfants dans leurs devoirs, surveiller leurs résultats scolaires et, en cas de nécessité, organiser des cours supplémentaires. « Rien n’est laissé au hasard pour leur permettre la réussite dans un milieu professionnel qui leur plaît », confirme Abdellatif Imazzif, fier de la réussite du projet.
À la disposition des pensionnaires, une salle informatique est reliée à Internet. Tout le matériel électronique a été envoyé de France par des organisations partenaires. Pour éviter les soucis que peuvent rencontrer les jeunes avec la toile, un éducateur les aide et surveille leur accès à certains sites. Les chats et sites de rencontres sont ainsi interdits. Derrière cette salle, les enfants ont accès à une bibliothèque où ils peuvent aussi demander des fournitures scolaires. Lorsque les jeunes n’ont pas école, un éducateur sportif leur propose des activités au sein de l’association. Elles sont pratiquées en groupe sur les terrains de sport du pavillon des filles ou des garçons. De quoi se sentir vraiment comme « à la maison »…
Sorties et rencontres au programme
L’orphelinat multiplie les activités pour faire découvrir aux enfants des choses que l’école ne leur permet pas de connaître. Ainsi, ont-ils pu rencontrer le tennisman marocain Younes El Aynaoui sur un cours et même assister à son entraînement. Cette année, grâce à Amanda Touré, une bénévole très impliquée, l’association de Bienfaisance a également fait venir des professeurs français de sculpture, de peinture et des arts du cirque pour les vacances scolaires. Pour cette jeune femme dynamique, le bilan est très positif : « Les deux premiers jours, ils ont eu du mal avec les activités ludiques extrascolaires, mais ensuite, ils nous ont épatés, c’était beau, ils étaient très fiers d’eux ! », raconte-t-elle avec un grand sourire, ravie de la réussite de ce projet. « J’espère que cela se reproduira !
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