Au service des femmes.

13/07/2006 10:06Andreea PopoviciTypo Roumanie Chalon sur Saône
Depuis 1960 le Planning Familial accompagne les femmes et les familles vers plus d'épanouissement et de sécurité. Si les moyens sont modestes, la motivation des bénévoles reste forte car, dans ce domaine, rien n'est jamais définitivement gagné.

Typo : En quoi consiste votre activité ?
Planning Familial : Le Planning Familial est une association fondée en 1956. Jusqu'en 1960 elle s'appelait la « Maternité Heureuse ». L'objectif de la « Maternité Heureuse » était d'espacer les naissances dans les familles. Et puis, à partir de 1960, les objectifs ont changé. La première lutte a été la légalisation de la contraception, votée en France en 1977. Ensuite le droit à l'avortement, loi Veil, fut voté en 79.
Nous sommes à l'écoute des femmes. Mais nous recevons 80 % femmes et 20 % d'hommes et autant d'adolescents que d'adultes et aussi des couples.
Le SIDA et sa prévention nous préoccupent beaucoup. À l'heure actuelle c'est un problème toujours présent parce que les femmes hétérosexuelles peuvent être contaminées.
La violence subie par les femmes fait aussi partie de notre travail. Tous les problèmes qui concernent les femmes sont en lien : le travail des femmes, leur rémunération sur les mêmes bases que les hommes, leur entrée en politique puisqu'en France on a très peu de femmes à l'Assemblée Nationale. Donc, nous nous positionnons aussi sur des problèmes économiques et la lutte contre libéralisme.

Typo : Êtes-vous payées ?
P.F : on, à Chalon nous sommes 7 bénévoles. On a pu embaucher, il y a 2 ans, deux permanentes mais nous n'avons pas pu les garder pour des raisons financières.

Typo : Quels types de contraception recommandez-vous aux jeunes ?
P.F : A l'heure actuelle en France les médecins proposent très souvent la pilule. Nous trouvons que c'est dommage de ne pas offrir aux jeunes la possibilité d'utiliser d'autres moyens de contraception ; en particulier il y a l'implant contraceptif : il dure 3 ans, le médecin le place sous la peau et il libère une petite dose d'hormones très régulièrement. Il est très efficace. Tandis la pilule est très contraignante car il ne faut jamais l'oublier. Il y a aussi le stérilet qui ne cause plus les infections comme autrefois. Il ne faut pas oublier le préservatif qui n'est pas sûr à 100 %, mais offre une protection contre le sida très efficace.

Typo : A quel âge une jeune fille peut subir un avortement ?
P.F : Il n'y a pas d'âge particulier. Une loi de 2003 a changé les conditions : les jeunes filles mineures peuvent avorter sans autorisation parentale mais doivent être accompagnées d'une personne adulte référent qui les aidera dans les démarches ; cette personne adulte ne doit pas obligatoirement faire partie de la famille. Avant l'interruption volontaire de la grossesse (IVG) une mineure doit avoir obligatoirement un entretien avec une conseillère qui lui explique bien de quoi il s'agit et vérifie qu'il s'agit d'un choix personnel.

Typo : Est-ce qu'il y a des méthodes contraceptives qui peuvent avoir des effets négatifs sur la santé ?
P.F : Les pilules sont de moins en moins dosées, donc les risques diminuent aussi. On peut avoir des effets indésirables mineurs, par exemple la prise de poids. On a parlé du cancer mais c'est faux. Le vrai problème c'est la combinaison pilule tabac qui entraîne des maladies cardio-vasculaires (accident vasculaire cérébral, infarctus). Les pathologies, conséquences de cette combinaison, commencent à apparaître.

Typo : Est-ce que les pilules sont 100 % sûres ?
P.F : Oui à 100 %. Une pilule bien prise ne crée pas de problèmes. Mais attention, la pilule a besoin de 2 h pour être assimilée : donc si on vomit, elle peut quitter l'organisme.

Typo : Est-ce que vous menez des actions dans les écoles et les lycées ?
P.F : Oui, c'est l'une de nos actions les plus importantes. On va rencontrer des jeunes dans des établissements scolaires par des groupes de 15 élèves de façon à pouvoir les laisser parler, ne pas faire un cours, mais essayer de trouver quelles questions intéressent ce groupe-là.

Typo : Avez-vous rencontré des jeunes filles qui étaient des cas dramatiques : elles avouent trop tard leur grossesse ?
P.F : Oui, cela arrive et là, quand elles dépassent les 22 semaines, il ne reste plus que l'accouchement sous x. C'est une loi qui permet aux femmes d'accoucher de leur bébé et de le remettre immédiatement à l'adoption. Le bébé est tout de suite retiré à la mère.
Celle-ci a 8 jours pour changer d'avis et ensuite le bébé est proposé pour l'adoption et n'a pas de possibilité de retrouver sa famille. Cependant, l'enfant qui a grandi a besoin de retrouver ses origines pour se structurer lui-même.
Notre travail est gratuit et anonyme : les personnes qui viennent ici reçoivent notre aide sans payer et leur nom ne nous intéresse pas. Nous recevons une formation au dialogue mais nous ne sommes ni médecins ni psychologues.

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