Au détour d'une promenade, les lavoirs bourguignons...
13/07/2006 09:57Andreea PopoviciTypo Roumanie Mellecey
Madame Gisèle Derain a 71 ans et c'est une grand-mère souriante, douce et très fière de sa région. Elle nous la présente en insistant sur les beautés qui nous entourent. Dans ses histoires, un mot que nous ne comprenons pas : les lavoirs.
Typo :
Quand a-t-on construit le lavoir de votre village ?
Madame Derain :
Le lavoir de Mellecey a été reconstruit en 1886. Je ne connais pas la date de la construction initiale, c'était avant la naissance de ma grand-mère.
Typo :
Aviez-vous l'habitude d'y faire la lessive ?
M.D.G. :
Bien sûr, je la faisais à la main, j'avais une planche, du savon, une brosse et un battoir en bois. Le lavoir était alimenté par une source et on pouvait faire la lessive pendant l'été et l'hiver.
J'y faisais encore la lessive en 1963 parce je n'avais pas de machine à laver.
Typo :
Décrivez l'atmosphère d'un lavoir. Est-ce que les femmes y bavardaient beaucoup ? Quels étaient leurs sujets préférés ?
M.D.G. :
Dans un petit village comme Mellecey tout le monde parlait des autres. Les femmes bavardaient beaucoup : un tel va se marier, un tel est mort, une telle va accoucher. À l'époque, en 1949, il y avait 656 habitants, tout le monde se connaissait, maintenant on est environ 1104 et on se connaît moins.
Typo :
Pourquoi le lavoir de votre village est-il couvert ?
M.D.G. :
On suppose que les femmes de l'époque, féministes déjà, l'ont demandé pour que leur travail soit plus facile quand il faisait mauvais temps.
Typo :
A quoi servent les fausses fenêtres qu'on trouve sur les murs du lavoir ?
M.D.G. :
Les fausses fenêtres ont été construites pour y déposer le linge une fois lavé.
Typo :
Quelles étaient les conditions de votre travail ?
M.D.G :
Pénibles, parfois la source inondait le lavoir. Malgré cela, tout le monde y venait faire sa lessive.
Typo :
Comment êtes-vous passée du lavoir à la machine à la laver ?
M.D.G. :
Facilement. C'était une question d'argent. Quand j'ai acheté ma machine à laver, mes enfants étaient petits. Je me souviens l'avoir achetée à la veille du Noël et je lavais toute la journée. J'ai lavé tous les habits que j'ai trouvés dans la maison.
Typo :
Est-ce que vous avez fait la lessive à genoux comme j'ai vu dans une image ?
M.D.G :
A Mellecey, à la rivière, nous étions à genoux et dans le lavoir pareil.
Et la discussion continue dans un parfum de savon et de lavande de jadis, car sur les chemins des lavoirs bourguignons nous rencontrons des lavandières, des laveuses, des battoirs et la charmante Madame Derain.
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