Au délice du bétel indien

07/03/2007 15:03Harjeet Jhans
Le bétel est une plante grimpante qui se consomme sous la forme d'une toute petite chique parfumée, savoureuse et odorante, d'une saveur délicieuse au début et d'un arrière-goût un peu amer. De nombreux Indiens sont de grands consommateurs de ce « chewing-gum », leur digestif favori.

Le « cognac » indien se mâche chez soi, au restaurant, lors de sorties entre amis ou en famille, chaque jour et dans toutes les couches de la société. Les paanwallas (vendeurs de chiques) font partie du décor quotidien: ils sont nichés à tous les coins de rue, aux entrées de bâtiments, d'immeubles ou de restaurants.

A l'étal du paanwalla, sur un grand plateau, en bronze ou en argent, sont disposées des feuilles vertes de bétel, en forme de cœur. À côté, des ingrédients dans des pots : de la noix d'arec, soit concassée soit râpée, et de la chaux. Outre ces trois ingrédients de base, la chique est composée d'épices, cardamome et clous de girofle, tabac, candis, noix de coco, pétales de rose en sirop, menthol et tant d'autres, qui la rendent savoureuse et rafraîchissante. Chez le paanwalla, la chique est faite sur commande, comme le sandwich dans les bonnes boulangeries. Le client choisit la feuille et les ingrédients. Les composants sont pliés dans la feuille et l'ensemble est tenu par un clou de girofle.
 
La plus courante des chiques, le sada paan, contient de la noix d'arec, de la chaux et des épices aromatiques. Achetée pour une roupie, elle est mâchée et conservée au creux de la joue, au maximum une demi-heure. Plus tard, le reste, tout rouge, est recraché. La chique « meetha », composée en plus de noix de coco, de candis et de gulukand (un sirop de pétales de rose) est la plus savoureuse. Un vrai bonheur pour moins d'un demi-euro !
 
La feuille aide à adoucir l'haleine et à stimuler la digestion après un repas lourd. Les principes actifs de la noix d'arec, comparables à la nicotine pour son effet stimulant, procurent aux mâcheurs du bien-être, qui doivent cependant consommer avec modération, en raison des risques de cancer de la bouche et la gorge.
La consommation massive de bétel se traduit par de nombreuses taches rouges sur les murs des villes, qui noircissent l'image d'un pays émergeant. Cette coutume rappelle cependant la vie élégante des nababs - princes musulmans- et des rajas - leurs équivalents hindous - de jadis. Aujourd'hui, cette tradition liée à la fête et présente lors des cérémonies de mariage, continue à embellir la vie à tout moment.

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