Au délice du bétel indien

11/09/2006 16:20Harjeet Jhans
Il s'agit d'une toute petite chique de bétel parfumée et ornée, contenant des ingrédients savoureux et odorants, d'une saveur délicieuse au début et d'un arrière-goût un peu amer.

De nombreux Indiens sont de grands consommateurs de ce « chewing-gum », leur digestif après-repas favori. On le mâche chez soi, au restaurant, lors de sorties entre amis ou en famille. Sa consommation est quotidienne dans toutes les couches de la société. Ainsi, le paanwalla, le vendeur de chique, fait partie du décor indien. Il est niché dans tous les coins de rues, à l'entrée de bâtiments, d'immeubles ou de restaurants. Partons à la découverte du mystère du « cognac » indien.

 À l'étal du paanwalla, sur un grand plateau, en bronze ou en argent, sont disposées des feuilles de bétel. Vertes de couleur et en forme de cœur. À côté, des ingrédients dans des pots : de la noix d'arec, soit concassée soit râpée, et de la chaux. Outre ces trois ingrédients de base, on y trouve des épices. Cardamome et clous de girofle, tabac, candis, noix de coco, pétales de rose en sirop, menthol et tant d'autres qui rendent la chique savoureuse et rafraîchissante. Chez le paanwalla, la chique est faite sur commande, comme le sandwich dans les bonnes boulangeries. Le client choisit la feuille et les ingrédients. Les composants sont pliés dans la feuille et l'ensemble est tenu par un clou de girofle.
 
 La plus courante des chiques, le sada paan, contient de la noix d'arec, de la chaux et des épices aromatiques. Achetée pour une roupie, elle est mâchée et conservée au creux de la joue, au maximum une demie heure. Plus tard, le reste, tout rouge, est recraché. La chique « meetha », composée en plus de noix de coco, des candis et de gulukand (un sirop de pétales de rose) est la plus savoureuse des chiques. Un vrai bonheur pour moins d'un demi-euro !
 
 La feuille aide à adoucir le souffle et à stimuler la digestion après un repas lourd. Les principes actifs de la noix d'arec, comparables à la nicotine, procurent aux mâcheurs du bien-être. Même si les taches rouges sur les murs noircissent l'image d'un pays émergeant, le mâchement de la chique rappelle également la vie élégante des nawabs- princes musulmans- et des rajas- leur équivalent hindou- de jadis. Aujourd'hui, cette tradition liée à la fête - elle est présente aux cérémonies de mariage -, continue à rendre la vie belle à tout moment.

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