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Arrivée à Chicago : une architecture à lire !
09/03/2005 19:36Emma STUDENYTypo Dijon Dijon
Lorsqu'on arrive à Chicago par avion, depuis l'Europe (on change de continent, cela n'arrive pas tous les jours !), on est surpris par le quadrillage géométrique de la ville. Après l'immense étendue du lac Michigan, d'énormes buildings semblent sortir du sol. L'aéroport O'Hare, le plus fréquenté au monde (72 millions de passagers par an), reste à l'échelle de ces proportions.
Le Grand Incendie de 1871 jette à la rue la moitié de la population de Chicago (plus de 100 000 personnes) et en tue 300. À cause d'une grande quantité d'édifices en bois, le feu sévit sur 40 km2 et rase 18 000 habitations, les dommages sont évalués à 70 millions de dollars. La reconstruction mobilise une multitude d'architectes. Face au besoin en logements et en bureaux, la construction en hauteur s'impose. Le premier skyscraper (gratte-ciel), le Home Insurance Building, avec ses 9 étages, est créé en 1885, et sera détruit en 1929. Contrairement aux bâtiments traditionnels, où les murs supportaient le poids des immeubles, l'architecte William Le Baron Jenney développe une structure en acier autour de laquelle s'accrochent les murs « en rideau » permettant à la fois de gagner en hauteur et de proposer de plus grandes ouvertures.
Les ingénieurs développent également des solutions pour ancrer les immeubles dans le sol marécageux de Chicago, pour atténuer la pression du vent (la ville est surnommée, à juste titre, « the windy City » ). Des améliorations techniques pour les ascenseurs facilitent également la progression verticale. Cette conception donne naissance à l'Ecole de Chicago, première école architecturale d'importance depuis la Renaissance Italienne, qui aura une influence sur l'urbanisme à travers le monde car les architectes abandonnent l'ornementation traditionnelle sophistiquée au profit d'une ornementation dépouillée composée de pilastres et de corniches.
Contrairement aux autres villes américaines, Chicago est accessible par train et métro directement depuis l'aéroport. Le métro aérien, inauguré en 1892, réalise une boucle au cœur de la cité, d'où le surnom de ce quartier : le Loop . Ce métro circule en hauteur, au niveau du deuxième étage des immeubles, au dessus du trafic routier. Ici démarre notre voyage dans le temps, où coexistent toutes les époques architecturales dans une harmonie surprenante. Dans LaSalle Street, The Rookery, chef-d'œuvre du duo Burnham et Root s'élève depuis 1888. Au centre de l'édifice se trouve une cour intérieure surmontée d'une verrière. Les escaliers monumentaux, le marbre blanc, les feuilles d'or ainsi que la lumière du jour pénétrant sans entrave contribuent à une composition pleine de vie.
L'Exposition Universelle de 1893, la World's Columbian Exposition, célébre la découverte de l'Amérique ; Burnham y a réalisé les plans d'une White city spectaculaire. Cette « blanche cité » imaginaire aux accents Beaux-Arts émerveille les 50 millions de visiteurs, mais pour Sullivan - créateur du Transportation Building, réalisé pour l'occasion- il s'agit d'un « recul de 50 ans pour l'architecture ». Le plan Burnham adopté par la ville en 1909 est toujours une référence pour les acteurs du développement de la ville.
Le Chicago Theater , un des plus anciens théâtres de vaudeville de Chicago date de 1921 est aussi l'un des plus grands (3800 sièges). Tout aussi étonnante, la Tribune tower, tour néogothique inspirée de la cathédrale de Rouen, élevée entre 1923 et 1925 à la suite d'un concours, abrite les journaux du groupe Chicago Tribune, propriétaire de chaînes de télévision et de stations de radio, de maisons d'édition ainsi que de l'équipe de baseball des Cubs.
Un des plus étonnants édifices, le Carbide & Carbone Building, de 1929, allie marbre noir à sa base, puis granit dans une ligne typiquement Art Déco réhaussée par des dorures.
A proximité, sur la Michigan Avenue ,le John Hancock Center de 1969, est reconnaissable entre tous avec sa haute silhouette noire de 100 étages, et ses renforts croisés.
Construite entre 1968 et 1974 la Sears Tower, sculpture moderne haute de 436 m, est le plus grand gratte-ciel des Etats-Unis et fut jusqu'en 1996 le plus haut gratte-ciel de monde. On évalue à plus de 25 000 personnes, l'équivalent d'une ville, le nombre d'employés travaillant dans les bureaux de cette tour de 110 étages. La structure est composée de 9 tubes de 22 m reposant sur 114 caissons de verre, d'acier et de béton, donnant à l'ensemble une grande résistance au vent. Autour de cette armature, on a créé une composition d'acier noir et de verre teinté évoquant des « blocs » empilés de façon originale. Par beau temps, du haut de ce gratte-ciel, on peut voir jusqu'à quatre Etats américains.
Aujourd'huui, l'architecture contemporaine joue beaucoup sur la transparence - comme les magasins Crate & Barrel -, sur les reflets des surfaces de verre, et leurs différentes teintes, à l'image de la sculpture monumentale réfléchissante de l'Ameritech Plaza
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