Anorexie, ne vous laissez pas bouffer…

19/11/2007 15:32François Perez

A l’heure où la société de consommation médiatise une certaine idée de la perfection physique, retour et témoignage sur un phénomène qui concerne adultes et adolescents : l’anorexie, mal qui consiste à restreindre son alimentation pour obtenir « la » taille-mannequin

De nos jours et dans cette société de consommation appuyée par la publicité, présentant toutes sortes de produits de régime, de cures amincissantes, et toute cette médiatisation axée sur la ‘perfection physique’: comment garder la ligne, se muscler sans efforts et autres produits pour avoir un ‘corps de rêve’ comme tous ces mannequins à la télévision. Tout cela s’ajoutant à la superficialité de notre société, la pression et les angoisses de chacun, de même que l’image que l’on se fait de soi-même, entraînant de nombreux troubles, aussi bien chez les adolescents que chez certains adultes, comme l’anorexie, qui consiste à restreindre son alimentation pour perdre du poids.

Heureusement, il existe de multiples aides pour reprendre le dessus sur cette maladie qui peut détruire petit à petit, mentalement mais aussi physiquement. Car elle n’est pas sans dangers pour le corps : baisse de tension et du rythme cardiaque jusqu’à un niveau risqué, voire mortel, ulcères à l’estomac, problèmes rénaux…

 

L’anorexie plus un problème de femmes

 

« Je ne pense pas qu’il y ait plus de cas d’anorexie de nos jours, mais on en parle plus facilement avec les médias, et ce sujet est moins tabou. De mon point de vue, cette représentation du ‘physique parfait’ dans cette nouvelle société de consommation a de lourdes conséquences sur les gens. L’anorexie touche tout de même huit femmes sur dix personnes touchées et donc deux hommes sur dix. » déclare un infirmier qui veut rester anonyme du centre médico-psychologique de Chalon.

« Elle peut apparaître à la suite de propos qui auront un lourd impact sur l’individu visé ; un adolescent peut aussi avoir peur de devenir adulte et ne supportera pas les changements de son corps, ne se voyant alors plus tel qu’il est et ayant une vision déformée de lui-même. L’anorexie peut également être liée au contexte familial - des parents absents, ou tout autre problème de la vie quotidienne - : dans ce cas l’anorexie a pour but de se punir soi-même, de faire taire ses souffrances. Mais tout le monde ne risque pas de sombrer dans l’anorexie, cela dépend du mental de chacun. » répond Martine F., sa collègue.

Que pensent-ils de la publicité ‘No-Anorexia’ ?  Leurs avis divergent. L’un la trouve violente, mais assez choquante pour que les plus fermés et ’ignorants’ réagissent. Quant à l’autre, il rugit en rétorquant que cette publicité est dangereuse et provocante et que certains pourraient la prendre pour une affiche pro- anorexique.

 

« 40 kilos pour 1,75m »

 

Un ancien anorexique, qui a souhaité rester anonyme, témoigne : « Après que mon père a quitté ma famille pour s’installer avec une autre femme, je suis tombé dans une dépression nerveuse, puis j’ai commencé à perdre du poids petit à petit, jusqu’à 15 kilos en un mois et demi. Étant dans un état de fatigue extrême, je suis allé voir mon médecin, qui, après m’avoir pesé, a pris ma tension et mon pouls : je pesais alors 40 kilos pour 1,75m, n’avais plus que 9 de tension et un pouls de 35 battements par minute. J’ai donc été hospitalisé, mais à ma sortie, ma situation a recommencé à se dégrader. J’ai alors décidé de me faire hospitaliser dans un centre psychologique, pour me soigner physiquement et mentalement et pour mettre fin à cette situation qui était invivable pour moi et mes proches ; ma mère m’a même confié qu’à cette époque, elle voyait son fils mourir sous ses yeux. Après un peu plus de 5 mois de soins et de séances avec un psychologue et un psychiatre, j’ai repris 15 kilos. Mais aujourd’hui encore, pour ne pas rechuter, je vois régulièrement un psy et participe à un repas thérapeutique une fois par semaine : j’y parle de mes sentiments, de mes peurs et de mes joies, mais aussi de l’évolution de ma situation.

Après cette expérience, la plus grande leçon que j’en ai tirée est qu’il est stupide et dangereux de se punir soi-même pour des fautes que l’on n’a pas commises, et qu’il faut profiter de chaque instant de vie offert. C’est pour montrer aux autres les dangers de cette maladie et en espérant pouvoir aider et empêcher certains de faire les mêmes erreurs que moi que j’ai accepté cette entrevue. »

 

Pour plus de renseignements sur les troubles alimentaires et les aides possibles, connectez-vous sur le site www.anorexie-boulimie.com

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