An Pierlé & White Velvet : espace des arts

14/03/2007 14:23Mathieu Brelière
En pleine tournée de leur dernier album, An Pierlé & les White Velvet ont fait escale à l'espace des arts le vendredi 9 février dernier.

Le groupe a fait une entrée remarquable sur la scène musicale française, soutenu notamment par France inter : « Ils nous épaulent beaucoup, on doit être les champions de l'émission le Fou du roi, nous sommes venus minimum 12 fois. ». Jouissant d'une notoriété montante aux Pays-Bas, ils souhaitent désormais s'attaquer au reste de l'Europe. « Nous voulons être confrontés à d'autres publics, d'autres cultures, et grandir encore un petit peu ».
Pour autant le groupe garde les pieds sur terre, et se tient éloigné de la musique dite commerciale : « la notoriété ne nous intéresse pas, on évite le “star-system», même si c'est parfois difficile. Il arrive que des maisons de disque mettent la pression, mais nous voulons rester dans le domaine musical, et ne pas finir sur des jeux télévisés par exemple. ».
Stroboscope et fumée blanche, la scène semble être une seconde nature pour An Pierlé et son groupe qui ont fait ce soir-là une démonstration de leur savoir-faire, mêlant avec subtilité les mélodies délicates et aériennes à des riffs rythmés et agressifs. Leur style est très anglo saxon, à la fois énergique et intimiste, il rappelle d'un côté les harmonies épaisses et suaves de « My Brightest Diamond », et de l'autre les rythmiques entraînantes des « Beirut ».
Cependant, le groupe refuse d'être catalogué dans un style défini. « On ne veut pas se cantonner dans un secteur musical comme le “post rock» ou la “nouvelle chanson française», c'est notre style qui se définit au fur et à mesure. » explique l'artiste, « De plus An à une voix particulière qui ne se déguise pas dans n'importe quel style, alors on essaie de rassembler plein de choses, d'être éclectiques. » ajoute Koen Gisen, guitariste du groupe.

Les plus avertis auront remarqué que sur son nouvel opus, l'artiste n'est plus seule, mais accompagnée des White Velvet. En réalité, ces derniers étaient déjà présents sur le triomphant « Helium Sunset », vendu à environ 45 000 exemplaires. « Si on a changé de nom, c'est pour montrer que ce n'est pas seulement une fille qui chante, on est un groupe. Ça met tous les musiciens en valeur ». De plus, ce type de nom permet de produire plus facilement des collaborations avec d'autres artistes comme l'ont fait par exemple « Anthony and the Johnsons » ou « Edwig and the angry inch ».

Flamande d'origine, An Pierlé a choisi d'écrire en anglais. « L'anglais c'est la langue du pop et du rock, même s'il y a le rock français, ce n'est vraiment pas la même chose et c'est beaucoup plus difficile. Peu d'artistes à part les Rita Mitsouko ont réussi à faire quelque chose de vraiment rock'n roll en Français. ». Mais un tel succès sur la scène francophone ne se fait pas sans quelques contreparties, exigées entre autres par les festivals, à savoir la reprise de chansons françaises comme la désormais très populaire « Il est 5h, Paris s'éveille » de Jacques Dutronc. Contreparties qui s'avèrent finalement être des expériences enrichissantes pour le groupe. « On avait repris ce morceau à l'occasion des Francofolies de Spa en Belgique, on nous à invité mais ils voulaient au moins une reprise francophone, ça à été une occasion pour nous d'expérimenter de nouvelles choses. À la base c'est une chanson populaire, mais la rythmique est cool, ça a été très agréable de la reprendre plus rock'n roll. ».
Difficile d'interpréter le concept développé sur le dernier album éponyme du groupe où figure un caniche blanc sur un découpage bleu irrégulier. À l'instar du groupe, le nom White Velvet (littéralement « velours blanc ») est sujet à une grande profusion d'interprétations différentes. « Quand tu tapes White Velvet sur Google, tu trouves absolument tout et n'importe quoi, des sites de caniches, d'assiettes, des recettes de gâteaux, de cocktails, des champignons hallucinogènes, tout sauf la musique. On aime ce genre de termes sur lequel tu peux projeter plein de trucs différents, c'est un peu notre style. »
Le groupe n'est pas à cours de projets, et même si An avoue avoir envie de jouer au Colisée de Rome ou dans l'espace, même si « ça doit être bizarre dans l'espace quand même », d'autres entreprises moins surréalistes sont en cours. Ils pensent entamer l'écriture de leur prochain album d'ici août 2007, et réfléchissent même à un premier film.
An Pierlé & White Velvet, patchwork coloré sur velours blanc, un air frais de Flandre souffle sur la vieille scène Française.

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