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Allô ?!
05/05/2004 14:45Julien PelletierTypo Mali
Le téléphone portable a fait son apparition relativement tardivement au Mali, en 1999. Aujourd'hui plus de 300 000 lignes GSM ont été ouvertes, soit 3 portables pour 100 habitants : malgré la pauvreté, le mobile fait fureur.
Bankoni, un quartier populaire de Bamako comme beaucoup d'autres. Ici les coupures d'électricité sont monnaie courante et l'on boit l'eau du puits. Ali Gakou, gendarme et commerçant en automobile à ses heures perdues, déguste son tô (pâte à base de mil), assis à même le sol, lorsque la sonnerie de l'un de ses deux téléphones retentit. « J'en ai un pour chaque réseau, c'est moins cher », explique-t-il.
Même si l'électricité manque quelquefois, le réseau de téléphone portable malien ne faillit quasiment jamais. Deux opérateurs se partagent le marché: le pionnier Malitel, filiale de l'opérateur public de téléphone fixe Sotelma, s'est lancé dès 1999. Face à lui, le petit dernier, le réseau privé Ikatel, a déjà ouvert 200 000 lignes GSM depuis ses débuts il y a un an. « Il y a un véritable marché » assure Youssouf Keita, chargé de communication de Malitel. « Si demain apparaissait sur le marché un nouvel opérateur, il aurait une très large clientèle », ajoute-t-il.
Petite, la couverture
Bamako, Mopti, Ségou et Sikasso, les quatre plus grandes villes du pays, sont les seules couvertes par les réseaux GSM. Il est vrai qu'il est très difficile de couvrir un territoire de 1,24 million de km² : en brousse, on ne compterait sans doute qu'un seul client au kilomètre carré ! L'étendue du réseau peut difficilement être améliorée, pourtant, Alioune N'Diaye, le PDG d'Ikatel assure que « dès l'an prochain le réseau sera étendu à Kayes et à Gao, et petit à petit à toutes les villes moyennes ».
« G un Kdo »
Ici comme dans tous les pays occidentaux, les jeunes sont mordus de SMS, et on les comprend : un mini-message est facturé 0,07 €, alors qu'une communication des plus courtes coûte au minimum 0,40 €. Les forfaits sont très peu développés et 95 % des clients utilisent des cartes rechargeables prépayées, qui s'achètent à n'importe quel coin de rue. Un taxi arrêté à un feu de signalisation, et trois vendeurs toquent à la vitre pour vous vendre ces cartes rouges et bleues, de 1,5 à 7 €. Les touristes accordent peu de confiance à ces vendeurs à la sauvette, pourtant les cartes sont bien valables. « Je gagne 20 FCFA (0,03 €) par carte vendue, j'en vends une dizaine par jour et cela me suffit pour vivre », explique un de ces petits vendeurs de rue.
L'Afrique et sa pauvreté se sont ainsi adaptées aux nouvelles technologies : dans Bamako la désordonnée, certains toits de bâtiments menacent de s'écrouler sous le poids des émetteurs, et les portables derniers cris estampillés « Orange » se vendent à même le sol, au milieu des fruits et légumes et des pièces détachées de mobylettes.
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